Découverte d'un nouveau gène lié à l'hypertension artérielle

Publié le lundi 30 novembre 2015

Une équipe de cardiologues en cardiologie moléculaire de l'Université d'Ottawa a fait le lien entre l'hypertension et un gène dont le rôle dans la régulation de la tension artérielle était insoupçonné jusqu'à présent. Publiée dans la prestigieuse revue scientifique Nature Communications, cette découverte pourrait mener à de nouvelles cibles pour améliorer les traitements offerts aux patients souffrant d'hypertension.

L'hypertension artérielle, qui touche 20 % des adultes au Canada, compte parmi les principaux problèmes de santé affectant la population au pays. En Amérique du Nord, les problèmes d'hypertension mal contrôlés entraîneraient la mort de quelque sept millions de personnes par année. Ils représenteraient également 64 millions d'années de vie corrigée du facteur invalidité, ou années perdues en raison de mauvaise santé, de handicap ou de mort prématurée. 

Nous savons que l'une des principales caractéristiques biologiques de l'hypertension artérielle est le rétrécissement des petits vaisseaux sanguins. Le sang exerce alors une pression accrue sur les parois des vaisseaux sanguins, ce qui contraint le cœur à travailler plus fort et augmente les risques d'insuffisance cardiaque. Mais les déclencheurs sous-jacents de la cascade de réactions menant à l'hypertension demeurent méconnus. 

Dans leur nouvelle étude, les chercheurs de l'équipe dirigée par Mona Nemer, professeure de biochimie et vice-rectrice à la recherche de l'Université d'Ottawa, exposent des pistes de recherche inédites, que l'équipe a obtenues en analysant un nouveau modèle de souris hypertensive et en comparant ses résultats de recherche à deux études majeures en génétique humaine.

L'équipe a découvert que le facteur de transcription GATA5, protéine régulant de nombreux gènes dans les cellules cardiaques, jouait un rôle stratégique dans la régulation de la tension artérielle au même titre que bon nombre de gènes et autres convoyeurs des hormones et des nutriments dans le sang. Ils ont observé une relation entre l'absence de GATA5 dans le modèle en question et l'augmentation de la tension artérielle, l'altération des parois artérielles et l'usure du cœur et des reins liée à l'âge, états symptomatiques de l'hypertension artérielle chez les êtres humains.  

« Ce que nous avons constaté chez les souris sans GATA5 rappelle beaucoup les caractéristiques de l'hypertension chez l'être humain. Nous avons donc examiné le statut de ce gène chez les personnes vivant avec l'hypertension artérielle. Dans deux grands groupes d'essais cliniques indépendants, des variantes du gène GATA5 ont été décelées chez les personnes souffrant d'hypertension. Notre étude ouvre donc de nouvelles pistes de recherche sur la prévention de cette maladie et ses complications », explique la professeure Nemer.

« Les changements apportés au mode de vie et la prise de médicaments peuvent aider à contrôler l'hypertension chez certaines personnes, mais nous avons un besoin urgent de nouveaux traitements pour réduire le taux alarmant de décès et d'invalidité causé par cette maladie, affirme le Dr Duncan Stewart, cardiologue, chercheur principal et vice-président de la recherche à l'Hôpital d'Ottawa et professeur à l'Université d'Ottawa. Cette étude rendra possible le développement d'une nouvelle classe de médicaments contre l'hypertension aux effets considérablement bénéfiques sur la santé. 

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