L'Université d'Ottawa mène des recherches sur la réadaptation dans l'espace

Publié le lundi 30 novembre 2015

Pour la toute première fois, une équipe de chercheurs de l'Université d'Ottawa effectuera une recherche sur des astronautes à bord de la Station spatiale internationale (SSI). L'étude, en collaboration avec l'Agence spatiale canadienne (l'ASC), se nomme MARROW, dont l'acronyme vient de bone Marrow Adipose Reaction: Red or White? (Réaction adipeuse de la moelle osseuse : globules rouges ou blancs?). Les chercheurs se pencheront principalement sur la biologie de la réadaptation, et tout particulièrement sur les répercussions d'une exposition prolongée à la microgravité sur le contenu et l'activité de la moelle osseuse. À partir du 15 décembre, le premier astronaute participera à l'étude MARROW pendant six mois.

L'étude est dirigée par le Dr Guy Trudel, professeur à la Division de la physiatrie et de la réadaptation, directeur du : Laboratoire ostéoarticulaire de recherche appliquée, et médecin à l'Hôpital d'Ottawa, ainsi que la professeure Odette Laneuville, spécialiste de la biologie de la réadaptation à la Faculté des sciences.

Les effets physiologiques de la microgravité que vivent les astronautes sont très similaires à ceux que ressentent les patients alités. « Lorsque le corps humain est soumis à de longues périodes d'alitement ou sa mobilité est réduite, réduisant ainsi la charge mécanique portée par l'os, la teneur en matière grasse de la moelle osseuse augmente, ce qui nuit à la capacité du corps de produire de nouvelles cellules sanguines », explique Odette Laneuville.

Grâce à la participation astronaute, l'équipe de recherche pourra mener une étude longitudinale sur l'accumulation de la matière grasse de la moelle osseuse en microgravité. Sur Terre, ces résultats pourraient guider la réadaptation de personnes à mobilité réduite, les personnes âgées ou les patients hospitalisés qui sont alités pendant de longues périodes.

« Les résultats sur les astronautes nous permettront d'acquérir des connaissances uniques des mécanismes fondamentaux qui sous-tendent les effets de l'immobilité, ce qui pourrait ensuite mener directement à l'étude de moyens d'intervention concrets ou de nouveaux médicaments à des fins de prévention et de traitement », a déclaré Guy Trudel, spécialiste des effets de l'immobilité sur l'appareil musculo-squelettique.

L'équipe de recherche mesurera la survie et le fonctionnement des globules et des matières grasses de la moelle osseuse. Elle utilisera des moyens non invasifs, comme l'imagerie par résonnance magnétique de la moelle des os de la colonne vertébrale de l'astronaute avant et après son séjour dans l'espace, prélèvera des échantillons de sang, d'haleine et autres. Au total, 10 astronautes participeront à l'étude MARROW.

Parmi les autres membres de l'équipe, on compte le Dr Adnan Sheikh, Ian Cameron, Tim Ramsay, Paola Sebastiani et Alain Stintzi.

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