Des chercheurs réécrivent l’histoire des changements climatiques dans l’Arctique

Publié le jeudi 18 mai 2017

Un scientifique mesure une carotte de glace

Peut-on se servir du passé pour prédire le futur? En matière de changements climatiques, des enregistrements d’écarts de température s’étalant sur des milliers ou des millions d’années recèlent des informations sur les tendances à long terme et sur la manière dont l’environnement réagira aux changements de température. Mais une nouvelle étude publiée par une équipe internationale de scientifiques a trouvé que des échantillons de glace documentant des milliers d’années de changements climatiques ont révélé des variations de température plus élevées en Arctique, un des écosystèmes les plus fragiles de la Terre, que ce qui avait été mesuré auparavant.

Les chercheurs de l’Université d’Ottawa Glenn Milne et David Fisher, du Département des sciences de la Terre et de l’environnement; Denis Lacelle, du Département de géographie; et l’étudiant à la maîtrise en sciences Benoit Lecavalier ont utilisé des échantillons de glace prélevés sur l’île d’Ellesmere dans le nord du Nunavut pour mesurer les changements de températures dans le Haut-Arctique au cours des 12 000 dernières années. Ils ont ensuite évalué l’incidence de ces changements sur l’inlandsis du Groenland.

« Nous savions que deux approches méthodologiques utilisées pour estimer les variations de température à partir d’échantillons de glace prélevés de la calotte glaciaire Agassiz sur l’île d’Ellesmere ont donné des résultats incohérents », explique M. Milne, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en dynamique des systèmes terrestres. Il ajoute que la nouvelle méthodologie a donné des résultats cohérents en tenant compte de l’amincissement de l’inlandsis innuitien, dans l’Arctique canadien, dans la modélisation des températures de la calotte glaciaire Agassiz.

L’équipe a trouvé que les nouvelles données pour le tout début de la période holocène, il y a presque 12 000 ans, indiquaient des températures quatre ou cinq degrés plus élevés que les estimations précédentes pour le Haut-Arctique, ce qui aurait de fortes répercussions sur notre compréhension des changements climatiques dans cette région. D’abord, les températures révisées du maximum thermique de l’Holocène, une période chaude qui a commencé il y a 11 000 ans et qui s’est terminée il y a 8 000 ans, sont plus élevées que les températures actuelles, ce qui fournit aux chercheurs des données essentielles pour comprendre la manière dont l’inlandsis du Groenland réagit à des températures élevées.

« Ces résultats nous aideront à parfaire nos prédictions sur la manière dont l’inlandsis réagira au réchauffement climatique prévu dans les décennies et les siècles à venir », affirme M. Fisher.

En utilisant les nouvelles températures pour simuler les changements dans l’inlandsis du Groenland, l’équipe a découvert que ces températures plus élevées avaient causé un amincissement de la glace d’environ un kilomètre d’épaisseur, des résultats qui concordent avec les échantillons de glace prélevés au Groenland.

Les nouvelles données recueillies par l’équipe permettent une mise en contexte des récents changements climatiques. « Nous avons trouvé que les températures de 2009 étaient à leur plus haut niveau depuis les dernières 7000 à 8000 années », explique M. Lacelle. « Le rythme des changements de température pendant l’ère industrielle est aussi le plus rapide en 12 000 ans. »

Cette nouvelle reconstruction paléo-climatique développée par l’équipe est la seule qui offre une vue d’ensemble du Haut-Arctique. Elle permet une meilleure compréhension des changements climatiques dans l’Arctique et des causes de son réchauffement supérieur à la moyenne mondiale. Ces trouvailles s’ajoutent aux preuves que les changements climatiques récents sont particulièrement rapides et que l’activité humaine en serait la cause.

Lire l’étude dans Proceedings of the National Academy of Sciences (en anglais seulement)

Membres de l’équipe de recherche
Glenn Milne, David A. Fisher, Denis Lacelle et Britanny Main (Université d’Ottawa), Benoit Lecavalier et Lev Tarasov (Université Memorial), Bo Vinther (Centre for Ice & Climate, Niels Bohr Institute, University of Copenhagen), Philippe Huybrechts (Vrije Universiteit Brussel), James Zheng (Ressources naturelles Canada), Jocelyne Bourgeois (Consorminex), Arthur Dyke (Université Dalhousie et Université McGill)

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