Début prometteur pour une nouvelle étude qui s’attaque aux mécanismes de défense du cancer

Publié le jeudi 9 mars 2017

Stress granules / Granules de stress

Un projet de recherche mené récemment par l’Université d’Ottawa ouvre la porte à de nouveaux traitements du cancer, de la SLA, du syndrome de l’X fragile et d’autres maladies encore.

Si les cellules cancéreuses sont si dévastatrices, c’est entre autres parce qu’elles ont la capacité de se défendre contre les traitements, faisant en sorte que ceux-ci ne fonctionnent pas toujours. Et si l’on pouvait simplement désactiver les mécanismes de défense de ces cellules?

C’est ce que des chercheurs de l’Université d’Ottawa tentent de faire – et leurs travaux ont déjà bien avancé. De l’avis de la Dre Kristin Baetz, les résultats de la collaboration de recherche tripartite pourraient ouvrir la porte à de nouveaux traitements pour toute une variété de maladies, y compris le cancer.

Le laboratoire de la Dre Baetz, une professeure agrégée de la Faculté de médecine de l’Université d’Ottawa et la directrice de l’Institut de la biologie des systèmes d’Ottawa, étudie les granules de stress (GS), des structures produites par les cellules du corps pour se protéger contre les facteurs de stress environnementaux. Malheureusement, les GS aident également les cellules cancéreuses à se défendre contre la chimiothérapie, ce qui leur permet parfois de résister au traitement courant.

« Pour empêcher cela de se produire, la première étape est de comprendre comment les granules de stress sont formées, puis désassemblées, explique la Dre Baetz. Aujourd’hui, nous avons pu obtenir de l’information de première importance. »

À l’aide de cellules de levures, son laboratoire a été en mesure d’identifier une classe d’enzymes qui joue un rôle actif dans la régularisation de la formation des GS. La désactivation des enzymes de cette classe mène directement à une réduction des niveaux de GS.

Les cellules de levures sont une source d’information des plus pertinentes sur les cellules humaines, car leur biologie est semblable.

« Même si à la surface, nous sommes des êtres très différents, au niveau cellulaire, les humains et les levures se ressemblent beaucoup, affirme la Dre Baetz. Grâce à cette similarité, on peut tracer un lien direct entre nos travaux et la biologie du cancer chez l’être humain, les maladies métaboliques et les maladies neurodégénératives. »

Ces résultats tombent à point, car un nouveau groupe de médicaments est justement en train d’être élaboré contre ces enzymes. En administrant ces médicaments aux cellules de levures, la Dre Baetz a constaté qu’ils parvenaient à réduire la production des GS.

L’équipe a alors collaboré avec des laboratoires de biologie cellulaire chez les mammifères ainsi qu’avec des spécialistes du cancer pour mettre en application leurs trouvailles dans une lignée cellulaire de cancer du sein. Cette fois encore, les médicaments ont mené à une réduction des GS.

« Nous avons découvert une façon de réduire la formation des granules de stress et nous avons des agents thérapeutiques pour y parvenir, nous voilà donc en parfaite position pour déterminer comment nous pourrions mettre en œuvre cette stratégie pour lutter contre les maladies », de dire la Dre Baetz.

La collaboration de recherche entre les trois laboratoires a mené à la production d’un article publié dans PLOS Genetics. L’article souligne les efforts de recherche des laboratoires de la Dre Baetz, du professeur Jocelyn Côté et du professeur adjoint Morgan Fullerton, tous trois de la Faculté de médecine de l’Université d’Ottawa.

La Dre Baetz s’attend à ce que les travaux de son équipe mènent à de nombreuses nouvelles voies de recherche et elle s’avoue bien optimiste pour ce qui est de la lutte visant à désarmer les farouches cellules cancéreuses.

Lire l’étude dans PLOS Genetics

Personne-ressource pour les médias

Amélie Ferron-Craig
Agente des relations médias
Cell. : 613-863-7221
​​​​​​​aferronc@uOttawa.ca

Haut de page