Découverte d’une chercheure de l’uOttawa : réduction possible de mastectomie préventive dans les cas de cancer du sein avec mutation du gène BRCA1

Publié le lundi 13 juin 2016

Au Canada, une femme sur neuf sera atteinte d’un cancer du sein au cours de sa vie, et une sur 30 en décédera. Il pourrait toutefois s’avérer possible de prévenir le cancer du sein au niveau cellulaire, après que des recherches menées par la Dre Christine Pratt de l’Université d’Ottawa eurent révélé pourquoi les cellules du sein touchées par la mutation BRCA1 présentent un risque élevé d’évoluer en tumeurs.

BRCA1 est un gène suppresseur de tumeur qui répare l’ADN. Il protège les cellules contre les mutations potentiellement nocives pouvant survenir quand une cellule copie son ADN pour se diviser. Lorsqu’une femme hérite d’une mutation du gène BRCA1, la possibilité que le gène ne puisse réparer l’ADN défectueux augmente le risque de mutations génétiques et de cancer.

Le risque qu’une femme développe un cancer du sein durant sa vie peut atteindre jusqu’à 80 % si elle a hérité d’une mutation nocive de BRCA1, ce qui incite de nombreuses femmes à opter de façon préventive pour une mastectomie prophylactique. Le grand public est davantage sensibilisé au BRCA1 depuis que l’actrice Angelina Jolie a rendu publique il y a quelques années sa décision de subir une double mastectomie préventive, après avoir obtenu confirmation qu’elle était porteuse du gène.

Chez l’humain, durant un cycle mensuel, les cellules souches du sein passent par une phase appelée prolifération où elles se multiplient rapidement en réponse à la présence de la progestérone, une hormone. La Dre Pratt et son équipe ont découvert qu’en l’absence de BRCA1, l’ADN de ces cellules accumule les lésions lors de la multiplication, ce qui active NF-κB, un complexe protéique qui participe normalement à la prolifération des cellules immunitaires. « L’activation de NF-κB intensifie une prolifération cellulaire qui n’exige plus de progestérone, ce qui exacerbe encore davantage les lésions à l’ADN », fait remarquer la Dre Pratt, professeure agrégée de médecine cellulaire et moléculaire à la Faculté de médecine. « Dans les cellules qui présentent une mutation de BRCA1, l’ADN ne peut adéquatement se réparer. »

Ensemble, ces facteurs accroissent fortement le risque de nouvelles mutations pouvant se traduire par un cancer du sein. La découverte du rôle charnière joué par NF-κB dans l’apparition du cancer du sein chez les porteuses de la mutation du gène BRCA1 fraye la voie à la mise au point de thérapies préventives ciblant la protéine NF-κB.

« Fait important, nous avons également découvert qu’en donnant à des souris déficientes en BRCA1 de la diméthylaminoparthénolide (DMAPT), une substance synthétiquement dérivée de la parthénolide, un composé naturel, il est possible d’éliminer pendant de longues périodes ces cellules souches anormales. Nos résultats donnent à penser que ce traitement pourrait servir à retarder ou à réduire le besoin d’une mastectomie prophylactique », ajoute la Dre Pratt.

Personne-ressource pour les médias

Amélie Ferron-Craig
Agente des relations avec les médias
Cell. : 613-863-7221
aferronc@uOttawa.ca

Haut de page