Découverte à l’Université d’Ottawa d’une nouvelle piste de traitement des blessures à la moelle épinière

Publié le mercredi 21 décembre 2016

Un chercheur de l’Université d’Ottawa a découvert un groupe de neurones spinaux qui joue un rôle primordial dans la récupération de la motricité après une grave blessure à la moelle épinière (ou lésion médullaire). Dirigée par Tuan Bui, professeur adjoint au Département de biologie et chercheur à l’Institut de recherche sur le cerveau de l’Université d’Ottawa, l’étude a été publiée dans la revue eLife consacrée aux sciences de la vie.

Au Canada, environ 86 000 personnes vivent actuellement avec des lésions médullaires, lesquelles surviennent lorsque la moelle épinière ou les nerfs situés au bout du canal rachidien sont endommagés en raison d’un traumatisme, d’une maladie, d’une infection ou d’une inflammation. Ces lésions peuvent entraîner des effets parfois dévastateurs allant de la paralysie complète ou partielle à la perte de sensation et de mobilité.

« Il n’existe actuellement aucune stratégie efficace pour traiter les personnes qui ont subi de graves lésions médullaires, explique Tuan Bui. Celles qui ne peuvent plus marcher doivent entreprendre une longue rééducation physique dans l’espoir, parfois vain, d’améliorer quelque peu leur condition. Notre objectif était de découvrir, à l’intérieur de la moelle osseuse, des neurones qui favorisent la récupération de la motricité après des blessures médullaires, ce qui permettrait de mettre au point des stratégies de traitement plus efficaces. »

Lors de travaux en collaboration avec le chercheur Nicolas Stifani, au laboratoire de l’éminent chercheur en neurosciences Rob Brownstone de l’Université Dalhousie (désormais basé à l’University College de Londres), Tuan Bui et ses collègues ont découvert un groupe de neurones spinaux, appelé interneurones dI3, qui a une grande incidence dans la récupération de la motricité à la suite de graves lésions médullaires chez les modèles animaux. Il s’agit du premier groupe de neurones spinaux auquel on attribue un rôle crucial dans la capacité de la moelle épinière à recouvrer la mobilité.

Les souris qui ont perdu la capacité de mouvoir leurs membres postérieurs après une lésion médullaire peuvent réapprendre à marcher sur un tapis roulant. Lorsque les membres postérieurs déficients interagissent avec le tapis roulant, la sensation qu’ils éprouvent en marchant envoie un signal à la moelle épinière. Ce signal réapprend à la moelle épinière à contrôler les muscles des membres postérieurs et à marcher. Tuan Bui et ses collègues ont découvert qu’alors que les souris ordinaires pouvaient réapprendre à marcher sur un tapis roulant après une lésion médullaire, les souris dont les interneurones dI3 avaient été inhibés n’en avaient pas la capacité. Ces résultats portent à croire que les interneurones dI3 jouent un rôle important dans la conversion des sensations éprouvées par les membres postérieurs déficients en signal pour rééduquer la moelle épinière.

La découverte de l’équipe ouvre ainsi la voie à de nouveaux traitements des lésions médullaires. Tuan Bui s’affaire désormais à mieux comprendre de quelle façon les interneurones dI3 reconfigurent la moelle épinière et permettent de regagner de la mobilité à la suite de lésions médullaires, de même qu’à établir si les interneurones dI3 sont aussi présents chez les humains.

Lire le rapport dans la revue scientifique eLife (en anglais seulement)

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