Les enfants asthmatiques passent moins de temps à l’hôpital grâce à une nouvelle étude

Publié le mercredi 22 mars 2017

Dr. Catherine Pound and Dr. Victoria Gelt / La Dre Catherine Pound et la Dre Victoria Gelt

La Dre Catherine Pound et la Dre Victoria Gelt

Pour tous les professionnels de la santé, assurer le départ des patients de l’hôpital dès qu'il est possible et sécuritaire de le faire est un objectif primaire. Grâce à une étude de la Dre Catherine Pound, pédiatre au Centre hospitalier pour enfants de l’est de l’Ontario (CHEO) et professeure adjointe à l’Université d’Ottawa, la durée du séjour à l’hôpital des enfants gravement atteints d’asthme a diminué de 18 %. En somme, la recherche du CHEO a des effets mesurables sur le traitement de l’asthme, comme l’indique aujourd’hui la revue Hospital Pediatrics.

Aux enfants asthmatiques admis au CHEO qui présentent des symptômes graves, on administre généralement du Ventolin, un médicament qui détend les muscles des voies respiratoires et augmente le flux d’air vers les poumons. Bien que les infirmiers et infirmières soient responsables d’observer l’évolution des symptômes, ce sont les médecins qui sont chargés de réduire progressivement la dose (sevrage) et de déterminer le moment où les patients peuvent quitter l’hôpital. Si les médecins doivent s’occuper de cas plus prioritaires, le départ des enfants asthmatiques de l’hôpital peut être retardé.

La Dre Victoria Gelt, médecin résidente au CHEO, a remarqué que la procédure en place augmentait la durée du séjour pour certains patients. Elle a suggéré de donner aux infirmières, déjà responsables de surveiller les signes de sevrage possible des enfants, davantage de contrôle sur le processus. Ensemble, les Dres Pound et Gelt ont collaboré avec le Dr Tom Kovesi, pneumologue au CHEO et professeur à l’Université d’Ottawa, pour créer et mettre à l’essai un protocole pour une étude contrôlée et randomisée innovatrice.

Faits essentiels

  • 113 enfants au CHEO sont recrutés entre mai 2012 et septembre 2015 pour participer à l’étude.
  • Sur une période de deux ans, des infirmiers et infirmières reçoivent une formation sur l’échelle PRAM (Pediatric Respiratory Assessment Measure), un outil d’évaluation fondé sur les données probantes.
  • Les scores PRAM évaluent des marqueurs mesurables et objectifs comme la respiration du patient, son utilisation de muscles accessoires (qui ne font pas normalement partie de la respiration), l’usage de stéthoscopes pour écouter les poumons du patient, la rapidité de la respiration et la saturation en oxygène.
  • Une analyse après la réalisation de l’étude montre une réduction de la durée du séjour à l’hôpital de 18 % si les infirmières sont responsables de la réduction progressive de Ventolin.

Les infirmières observent l’enfant pendant son séjour et ajustent le Ventolin au besoin selon les scores PRAM. Une fois que l’enfant n’a besoin que de deux bouffées toutes les quatre heures, il peut quitter l’hôpital. On demande alors à un médecin de signer le formulaire de congé. La direction du CHEO, qui reconnait les nombreux avantages de cette nouvelle procédure, a déjà mis en œuvre les changements au sein de l’hôpital. 

Dre Catherine Pound, pédiatre au CHEO et professeure adjointe à l’Université d’Ottawa :
« Les infirmières observaient déjà les enfants et appelaient les médecins pour leur dire qu’ils étaient prêts. C’est pourquoi j’ai pensé que ce serait une bonne idée de donner aux infirmières cette autorité sans devoir nous appeler. Une des grandes considérations de l’étude a été la sécurité. Nous avons déterminé qu’il n’y avait aucune différence sur ce plan que ce soit un infirmier ou un médecin qui sevrait les enfants. Nous avons donc aujourd’hui une mesure objective pour évaluer l’asthme chez les patients hospitalisés. »

Lire l'étude dans Hospital Pediatrics (en anglais seulement)

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L’Institut de recherche du CHEO
L’Institut de recherche du CHEO, affilié à l’Université d’Ottawa, coordonne les activités de recherche au Centre hospitalier pour enfants de l’est de l’Ontario. Ses trois programmes de recherche comprennent la biomédecine moléculaire, les technologies de la santé et l’application des données probantes à la pratique médicale. Ses principaux domaines de recherche sont le cancer, le diabète, l’obésité, la santé mentale, la médecine d’urgence, la santé musculo-squelettique, les renseignements électroniques sur la santé et la protection des renseignements personnels, ainsi que la génétique des maladies rares. Les avancées réalisées aujourd’hui par l’Institut serviront à améliorer la santé des enfants de demain. Pour de plus amples renseignements, consultez le site Web www.cheori.org ou suivez-nous sur @CHEOhospital.

Personne-ressource pour les médias :

Amélie Ferron-Craig
Agente de relations avec les médias
Université d’Ottawa
613-863-7221
aferronc@uOttawa.ca

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