Une étude de l’Université d’Ottawa confirme l’incidence du stress prénatal sur la santé mentale des enfants

Publié le lundi 20 juin 2016

Les femmes enceintes vivant des épisodes de stress au cours de leur grossesse risquent davantage de voir leur enfant souffrir de dépression une fois à l’adolescence. Telle est la conclusion d’une étude menée par Ian Colman, professeur à la Faculté de médecine de l’Université d’Ottawa, publiée dans la revue scientifique Journal of the American Academy of Child and Adolescent Psychiatry (en anglais).

Le professeur Colman et son équipe ont utilisé les données de l’étude Avon Longitudinal Study of Parents and Children réalisée auprès d’une cohorte de quelque 14 000 femmes enceintes et enfants depuis 1991 au Royaume‑Uni. À leur dix-huitième semaine de grossesse, les femmes devaient répondre à des questions portant sur l’occurrence et les répercussions d’événements stressants survenus récemment dans leur vie. Le questionnaire évaluait 42 événements tels que la mort d’un être cher, la perte d’un emploi, les problèmes financiers et relationnels, la crainte d’une fausse couche et les accidents puis demandait aux participantes de préciser dans quelle mesure elles avaient été affectées par l’événement en question. Leurs enfants répondaient ensuite à des questions sur la présence de symptômes de la dépression à six moments précis de leur vie entre l’âge de 10 et 19 ans.   

Le professeur Colman et son équipe ont examiné les données recueillies auprès de 10 569 mères et leurs enfants. Ils ont découvert que les enfants dont la mère avait été exposée à des phénomènes entraînant le niveau de stress le plus élevé en début de grossesse avaient 72 % plus de risques de présenter des symptômes de dépression chronique tout au long de leur adolescence, peu importe le statut socioéconomique et la santé mentale de la mère.

L’étude du professeur Colman est la première à démontrer que l’exposition prénatale à des conditions de stress extrême, peu importe l’incidence de ces dernières sur la santé mentale de la mère, peut altérer le fœtus et le développement du cerveau. « Nous désirons explorer l’hypothèse de la programmation fœtale selon laquelle tout ce qui vous arrive pendant que vous êtes dans le ventre de votre mère peut avoir des effets à long terme sur votre santé, explique ce chercheur également titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur l’épidémiologie en santé mentale. Cette étude rappelle l’importance primordiale du soutien apporté aux femmes enceintes. Au chapitre des nouvelles rassurantes, il faut souligner la quantité croissante de données probantes selon lesquelles les effets du stress peuvent s’estomper ou disparaître si l’enfant grandit dans un environnement stimulant et sécuritaire ».

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