L'insécurité alimentaire, grande préoccupation des Premières Nations en Atlantique

Publié le jeudi 28 septembre 2017

Assiette vide sur fond bleu pâle

Selon une nouvelle étude sur la qualité des aliments et la sécurité alimentaire dans les communautés des Premières Nations des provinces de l'Atlantique, l'insécurité alimentaire est répandue et de nombreux ménages aimeraient avoir plus facilement accès à des aliments traditionnels. L'étude révèle que 31 % des ménages des communautés autochtones de l'Atlantique vivent une certaine insécurité alimentaire (grave ou modérée), comparativement à une moyenne de 8 % dans l'ensemble du pays.

Logo de l'Étude sur l’alimentation, la nutrition et l’environnement chez les Premières Nations

L'Étude sur l’alimentation, la nutrition et l’environnement chez les Premières Nations (EANEPN), dirigée par l'Université d'Ottawa en partenariat avec l'Assemblée des Premières Nations et l'Université de Montréal, est la première étude pancanadienne du genre. Le rapport des provinces de l'Atlantique qui vient de paraître détaille les habitudes alimentaires, le mode de vie et l'état de santé général de plus de 1000 adultes de 11 communautés des Premières Nations sélectionnées au hasard.

« Nos résultats dressent un portrait des liens importants entre un environnement sain et le bien-être des Premières Nations, explique Laurie Chan, chercheur principal et professeur au Département de biologie de l'Université d'Ottawa. L'insécurité alimentaire est le principal problème soulevé par les communautés participantes, et nous espérons que les résultats seront utiles à la planification des politiques environnementales et de santé publique dans les années à venir. »

Un penchant pour les aliments traditionnels

Même si la grande majorité des participants a indiqué avoir récolté et mangé des aliments traditionnels au cours de la dernière année, la plupart ont aussi précisé qu'ils préfèreraient retrouver une plus grande proportion de ces aliments dans leur alimentation. Entre autres obstacles à l'accès, ils mentionnent le manque de temps ou de connaissances pour se procurer des aliments traditionnels, l'absence de chasseurs-cueilleurs dans la communauté, le manque d'équipement ou de moyens de transport, la disponibilité des ressources, la règlementation gouvernementale et les répercussions du développement et de l’industrialisation.

Il est reconnu que les aliments traditionnels contiennent plus d'éléments nutritifs que les équivalents achetés en magasin et moins de gras saturés, de sucre et de sodium. « Malgré les avantages évidents de la consommation d'aliments traditionnels, l'accès restreint dans les communautés autochtones témoigne d'un problème alimentaire systémique, affirme Malek Batal de l'Université de Montréal. Les Autochtones vivant dans des réserves de l'Atlantique n'ont pas facilement accès aux aliments sains du marché ni aux aliments traditionnels, pour un certain nombre de raisons, notamment le coût. »

Teneur élevée en plomb dans le gibier

L'étude révèle également une teneur en plomb élevée dans la viande de chevreuil, de lièvre, d'écureuil et de perdrix, probablement à cause de l'utilisation de munitions au plomb. Pour réduire les risques d'exposition au plomb, il est possible d'utiliser des munitions en acier et d'éliminer la viande qui entoure le point d'entrée de la balle. Les auteurs de l'étude recommandent des campagnes publiques de sensibilisation, la modification des politiques régionales et nationales et la création de programmes d'échange pour favoriser l'élimination des munitions au plomb.

Qualité de l'eau

Malgré l'inquiétude persistante de certaines communautés des Premières Nations de l'Atlantique, les auteurs de l'EANEPN soulignent que la qualité de l'eau, d'après les niveaux de métaux et de produits pharmaceutiques mesurés, était généralement satisfaisante au moment de l'étude. Ils font toutefois remarquer qu'une surveillance étroite est nécessaire puisque les sources d'approvisionnement et le traitement des eaux varient considérablement. Ils recommandent également d'éviter l'utilisation d'eau provenant de robinets d'eau chaude pour boire et cuisiner, car ils y ont constaté une teneur élevée en métaux, qui se dissolvent dans les réservoirs et la tuyauterie.

Autres grandes constatations de l'étude :

  • Le taux de tabagisme chez les adultes des réserves de l'Atlantique s'élève à 52 %, ce qui est supérieur à la moyenne nationale de 15 %.
  • Aucun taux de mercure trop élevé n'a été détecté dans les 632 échantillons de cheveux recueillis auprès des participants.
  • Environ 40 % des membres des Premières Nations de l'Atlantique sont physiquement actifs, comparativement à une moyenne nationale de 54 %.

Les données, recueillies en 2014, serviront de référence à de futures études visant à déterminer les effets des changements environnementaux sur les concentrations de produits chimiques nocifs et à mesurer l'évolution de la qualité du régime alimentaire. La présentation régionale des résultats de l'EANEPN pour la région de l'Atlantique a eu lieu à Dartmouth dans le cadre de l'assemblée générale annuelle de l'Atlantic Policy Congress of First Nations Chiefs Secretariat les 27 et 28 septembre. 

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