Une mobilisation concrète et rapide s’impose pour rétablir la confiance dans les décisions prises en matière d’énergie : rapport de l’Université d’Ottawa/CWF

Publié le jeudi 24 novembre 2016

Le Canada doit changer la manière dont les décisions sur les questions d’énergie sont prises, selon un rapport publié aujourd’hui par le projet Énergie positive de l’Université d’Ottawa et la Canada West Foundation.

Le rapport, A Matter of Trust: The role of communities in energy decision-making, apporte pour la première fois une perspective communautaire approfondie au débat controversé sur l’avenir énergétique du pays.

Les recherches ont révélé des niveaux de confiance constamment faibles envers les décisionnaires chargés des dossiers d’énergie. Dans les collectivités interrogées, 62 % des répondants ont déclaré qu’ils ne font pas confiance aux pouvoirs publics pour prendre des décisions sur les projets d’énergie.

« Les éléments moteurs des conflits communautaires ne sont pas nécessairement ceux que pensent de nombreux décideurs », a déclaré l’auteur principal du rapport Michael Cleland, professionnel en résidence à l’Université d’Ottawa. Les enjeux locaux, comme l’environnement et les préoccupations relatives à la santé et à la sécurité, sont manifestement ce qui importe le plus aux membres des collectivités tandis que le changement climatique n’était pas considéré comme un problème aussi important.

« Les décisionnaires, y compris les responsables des politiques, les planificateurs et les organismes de réglementation, doivent s’assurer de faire participer les collectivités au bon moment et de la bonne façon ainsi que s’engager à tenir compte des préoccupations des collectivités », a précisé M. Cleland.

« Ce qui rend tout cela difficile, c’est qu’il n’existe pas de solution universelle », a souligné Trevor McLeod, directeur du Centre for Natural Resources Policy à la Canada West Foundation. « Chaque collectivité est unique. Il faut donc concevoir un système décisionnel qui garantit que les collectivités sont écoutées. »

« Nous devons faire preuve de créativité au sujet de la façon de renforcer la confiance des populations locales dans la prise de décisions réglementaires. Il pourrait s’agir de leur offrir des postes au sein des conseils d’administration d’organismes de réglementation – les gens veulent voir des gens qui leur ressemblent dans les postes de décisionnaires », a déclaré la professeure de l’Université d’Ottawa Monica Gattinger, titulaire de la Chaire sur l’énergie positive.

L’équipe de recherche a réalisé des études de cas dans six provinces :

Stephen Bird, Centre d’études en gouvernance

  • Centrales électriques au gaz, deux dans la région du Grand Toronto

Louis Simard, Faculté des sciences sociales, Université d’Ottawa

  • Parc éolien, Saint-Valentin, Québec

Stewart Fast, Institut de recherche sur la science, la société et la politique, Université d’Ottawa

  • Hydrofracturation, Nouveau-Brunswick

Shafak Sajid, analyste des politiques, Canada West Foundation

  • Oléoduc, Northern Gateway
  • Ligne électrique, Western Alberta Transmission Line
  • Projet d’énergie hydroélectrique, Wuskwatim, Manitoba

L’équipe de recherche a réalisé des entrevues approfondies avec de nombreux résidents locaux, représentants des pouvoirs publics et leaders d’opinion. Elle a aussi tenu des sondages d’opinion pour évaluer les points de vue de tous les résidents. Les collectivités visées par les recherches étaient diversifiées, se composant de différentes populations : en régions éloignées, rurales, urbaines, autochtones et non autochtones.

Les études de cas ont révélé que le débat sur les projets énergétiques est souvent victime d’un manque de compréhension au sujet de la portée des pouvoirs décisionnels des organismes de réglementation. Les préoccupations de nombreuses collectivités portent essentiellement sur leurs valeurs, comme les qualités du milieu rural ou les modes de vie traditionnels. Il pourrait donc être difficile, voire impossible, de donner suite à leurs préoccupations au moyen des processus réglementaires actuels.

Canada West Foundation

La Canada West Foundation axe ses efforts sur les politiques qui façonnent l’Ouest et, par conséquent, le Canada. Elle fournit des solutions pratiques aux grands défis liés à la politique publique que doivent relever l’Ouest et l’ensemble du Canada, au pays et sur la scène mondiale.

Le projet Énergie positive de l’Université d’Ottawa

Le projet Énergie positive de l’Université d’Ottawa fait appel à l’effet rassembleur que présente le milieu universitaire pour accueillir des experts universitaires et des décisionnaires clés représentant l’industrie, les pouvoirs publics, les collectivités autochtones et locales, de même que les ONG vouées à la protection de l’environnement, qui se pencheront sur les manières acceptables pour la société d’exploiter nos ressources énergétiques.

Personnes-ressources pour les médias :

Sarah Foster
Agente de relations avec les médias
Université d’Ottawa
613-762-2908
sarah.foster@uOttawa.ca

Jamie Gradon
Gestionnaire des communications
Canada West Foundation
403-700-9535
gradon@cwf.ca

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