Un médicament contre l’acné pour le traitement de la sclérose en plaques

Publié le jeudi 1 juin 2017

Le Dr. Mark Freedman

Le Dr Mark Freedman

Un essai clinique démontre que la minocycline, un médicament contre l’acné administré par voie orale, peut freiner l’évolution de la sclérose en plaques cyclique.

Selon les résultats d’un essai clinique canadien publiés dans le New England Journal of Medicine, un médicament communément employé contre l’acné pourrait fournir aux Canadiens atteints de la sclérose en plaques (SP) cyclique un nouveau type de traitement abordable. L’essai de phase trois a démontré que la minocycline peut ralentir l’évolution de la maladie chez les personnes qui en ont récemment éprouvé les premiers symptômes.

Dirigé par des chercheurs du Hotchkiss Brain Institute (HBI) affilié à l’Université de Calgary et à l’École de médecine Cumming, l’essai clinique regroupait 142 participants de 18 à 60 ans répartis dans 12 centres de recherche au Canada. Le centre situé à Ottawa était sous la direction du Dr Mark Freedman, neurologue et chercheur principal à l’Hôpital d’Ottawa ainsi que professeur à la Faculté de Médecine de l’Université d’Ottawa.

« L’essai démontre que la minocycline, un antibiotique à large spectre, ralentit l’évolution des premiers stades de la sclérose en plaques en réduisant l’inflammation associée aux poussées de la maladie. Il pourrait s’agir d’un médicament sécuritaire et abordable pour les personnes qui ne peuvent accéder aux traitements actuellement approuvés », affirme Mark Freedman. 

Le taux de sclérose en plaques au Canada est le plus élevé au monde; environ 100 000 personnes en sont atteintes. Cette maladie auto-immune touche le système nerveux central et prend pour cible la myéline, une membrane protectrice qui recouvre les nerfs, ce qui provoque de l’inflammation et divers autres symptômes comme la fatigue, des fourmillements, des engourdissements, la faiblesse et des troubles de la vision. La SP cyclique entraîne des poussées de la maladie, caractérisées par l’aggravation des symptômes existants et l’apparition de nouveaux symptômes, suivies de périodes de rémission pendant lesquelles les symptômes des patients s’améliorent.

Les participants à l’essai, qui venaient de présenter leur première manifestation démyélinisante, ont été répartis de façon aléatoire pour recevoir la minocycline, administrée par voie orale à raison de 100 mg, deux fois par jour, ou un placebo. À l’issue des six mois de traitement, les chercheurs ont pu constater une réduction de 27,6 % la proportion de personnes dont l’état avait évolué vers la SP. (Plus précisément, le risque de conversion vers la SP était de 61 % parmi le groupe placebo et de 33,4 % au sein du groupe traité par la minocycline.) Ces résultats se comparent à ceux que l’on constate relativement aux traitements actuels, à un coût bien moins élevé.

« Les résultats cliniques sont convaincants », affirme la Dre Luanne Metz, principale auteure de l’étude, membre du HBI, professeure au Département des neurosciences cliniques de l’École de médecine Cumming et neurologue aux Services de santé de l’Alberta. « Compte tenu de ces résultats, les neurologues pourront prescrire la minocycline à des patients qui auront présenté un premier épisode de démyélinisation si les clichés d’IRM de ces derniers révèlent que la sclérose en plaques est probablement en cause. »  

Le coût des médicaments actuellement administrés pour traiter la SP cyclique se situe entre 20 000 $ et 40 000 $ par année au Canada, tandis que le traitement par minocycline pourrait atteindre des résultats comparables au prix de 600 $ par année. Le médicament étant sur le marché depuis une déjà cinquantaine d’années, aucune nouvelle approbation de Santé Canada n’est requise en vue d’une utilisation non indiquée sur l’étiquette pour la prise en charge de la SP.

Ce communiqué de presse a été adapté de documents fournis par le Hotchkiss Brain Institute de l’Université de Calgary (en anglais seulement).

Financement
Le financement des premières phases de la recherche a été assuré par les Instituts de recherche en santé du Canada et par la communauté. L’essai clinique a été financé par la Société canadienne de la sclérose en plaques et la Fondation pour la recherche scientifique sur la sclérose en plaques.

À propos de l’Université d’Ottawa
L’Université d’Ottawa compte plus de 50 000 étudiants, professeurs et employés administratifs qui vivent, travaillent et étudient en français et en anglais. Notre campus est un véritable carrefour des cultures et des idées, où les esprits audacieux se rassemblent pour relancer le débat et faire naître des idées transformatrices. Nous sommes une des 10 meilleures universités de recherche du Canada; nos professeurs et nos chercheurs explorent de nouvelles façons de relever les défis d’aujourd’hui. Classée parmi les 200 meilleures universités au monde, l’Université d’Ottawa attire les plus brillants penseurs et des perspectives diverses provenant du monde entier. www.uOttawa.ca

L’Hôpital d’Ottawa : Inspiré par la recherche. Guidé par la compassion.
L’Hôpital d’Ottawa est l’un des plus importants hôpitaux d’enseignement et de recherche au Canada. Il est doté de plus de 1 100 lits, d’un effectif de quelque 12 000 personnes et d’un budget annuel d’environ 1,2 milliard de dollars. L’enseignement et la recherche étant au cœur de nos activités, nous possédons les outils qui nous permettent d’innover et d’améliorer les soins aux patients. Affilié à l’Université d’Ottawa, l’Hôpital fournit sur plusieurs campus des soins spécialisés à la population de l’Est de l’Ontario. Cela dit, nos techniques de pointe et les fruits de nos recherches sont adoptés partout dans le monde. Notre vision consiste à améliorer la qualité des soins et nous mobilisons l’appui de toute la collectivité pour mieux y parvenir. Pour en savoir plus sur la recherche à L’Hôpital d’Ottawa, visitez www.irho.ca.  

À propos de l’Université de Calgary
L’Université de Calgary constitue un centre du savoir de calibre mondial, établi dans l’une des métropoles les plus entreprenantes du Canada. Offrant un environnement de travail dynamique et de grande qualité, l’Université de Calgary permet à ses étudiants de s’épanouir dans le cadre de programmes marqués par un esprit propice à l’entrepreneuriat et axés sur la recherche et l’expérience pratique. Grâce à sa démarche stratégique, l’Université de Calgary est reconnue comme l’une des cinq meilleures universités canadiennes et se distingue par sa capacité à mobiliser les collectivités au service desquelles elle s’implique. Baptisée « Eyes High », cette stratégie s’inspire d’une maxime gaélique dont la traduction littérale serait « Je regarde vers le haut ». Pour en savoir plus à ce sujet, rendez-vous à ucalgary.ca/eyeshigh (en anglais seulement).

Pour obtenir plus d’information sur l’Université de Calgary, visitez le ucalgary.ca. Vous pouvez aussi consulter les titres de nouvelles diffusés par celle-ci sur Twitter – @UCalgary. Pour en apprendre davantage sur les facultés de cet établissement et savoir comment entrer en contact avec les spécialistes à l’œuvre au sein de celles-ci, veuillez communiquer avec le centre des médias de l’Université de Calgary, à ucalgary.ca/mediacentre.

À propos de l’École de médecine Cumming
L’École de médecine Cumming est un chef de file de la recherche en santé et est réputée à l’échelle internationale pour son excellence et sa capacité d’innovation dans les domaines de la recherche et de l’enseignement en soins de santé. Le 17 juin 2014, la Faculté de médecine de l’Université de Calgary a été officiellement rebaptisée « École de médecine Cumming » en reconnaissance du généreux soutien financier apporté à l’Université de Calgary par Geoffrey Cumming. Pour en savoir plus à ce sujet, rendez-vous à cumming.ucalgary.ca ou suivez l’École sur Twitter – @UCalgary (en anglais seulement).

Au sujet du Hotchkiss Brain Institute
Le Hotchkiss Brain Institute (HBI) de l’Université de Calgary abrite plus de 120 scientifiques et cliniciens-chercheurs qui se consacrent à l’avancement de la recherche et de la formation dans les domaines de la neurologie et de la santé mentale. Les forces de la recherche du HBI dans les domaines du cerveau et du comportement, des lésions neurologiques et de leur réparation ainsi que du maintien de la santé cérébrale malgré le vieillissement ouvrent la voie à de nouveaux traitements contre les troubles neurologiques et psychiatriques qui visent l’amélioration de la qualité de vie des patients et des soins qui leur sont donnés. Pour obtenir de plus amples renseignements sur le HBI, visitez le hbi.ucalgary.ca (en anglais seulement).

À propos de la Société canadienne de la sclérose en plaques et de la Fondation pour la recherche scientifique sur la sclérose en plaques
La Société canadienne de la SP est déterminée à contribuer à l’amélioration de la qualité de vie des personnes touchées par la SP et à financer des travaux de recherche de pointe qui permettront la découverte d’un moyen de guérir la SP. La Fondation pour la recherche scientifique sur la SP finance de vastes études coopératives multicentriques et innovatrices qui favoriseront des avancées majeures dans le domaine de la sclérose en plaques. Cet organisme, dont les fonds proviennent principalement de la Société canadienne de la SP, s’avère une ressource unique au Canada. Pour faire un don à la Société de la SP ou pour obtenir de plus amples renseignements, rendez-vous à scleroseenplaques.ca ou composez le 1 800 268‑7582.

Personnes-ressources pour les médias

Amélie Ferron-Craig
Agente de relations avec les médias
Université d’Ottawa
613-863-7221 (cellulaire)
aferronc@uOttawa.ca

Jennifer Ganton
Directrice, Communications et relations publiques
Institut de recherche de l’Hôpital d’Ottawa
613-798-5555 poste 73325, 613-614-5253 (cellulaire)
jganton@ohri.ca

Kelly Johnston
Principale spécialiste en communications, Communications et relations publiques
École de médecine Cumming
403-220-5012 (bureau)
kelly.johnston2@ucalgary.ca

Haut de page