Un nouveau projet cartographie les risques d’infection à la maladie de Lyme dans la région d’Ottawa

Publié le mercredi 2 août 2017

Dans son laboratoire, Manisha Kulkarni extirpe d’un sac de papier brun un contenant de plastique transparent. À l’intérieur se trouvent quelques petites taches noires de la taille de graines de sésame – des tiques à pattes noires qu’ont attrapées des résidents de la région d’Ottawa après s’en être fait piquer.

La tique à pattes noires est porteuse de la bactérie Borrelia burgdorferi, laquelle peut occasionner la maladie de Lyme et entraîner une vaste gamme de symptômes, dont des maux de tête, des douleurs aux articulations, des raideurs et autres symptômes semblables à ceux de la grippe, de même qu’une rougeur distincte en forme de cible. Le risque d’infection augmente si une tique n’est pas retirée de la peau dans les 24  heures qui suivent. Les personnes infectées commencent habituellement à ressentir leurs premiers symptômes dans les 30 jours suivant la piqûre.

à l'aide de pincettes, retirez les tiques en les agrippant le plus près possible de leur bouche


En raison de l’expansion de la population de tiques vers le nord, la région d’Ottawa connaît actuellement une hausse du risque associé à la maladie de Lyme. Manisha Kulkarni, patho-entomologiste à l’École d’épidémiologie et de santé publique de l’Université d’Ottawa, travaille de concert avec Santé publique Ottawa à la mise au point de nouvelles méthodes pour mieux suivre et comprendre l’émergence de la maladie dans la région. Son équipe de l’Université d’Ottawa étudie la propagation des tiques et de la maladie de Lyme pour déterminer qui s’expose à des risques. Les résultats de ses recherches pourraient contribuer à l’élaboration de stratégies pour atténuer les risques d’exposition à la maladie.

Misant sur une approche en deux volets, l’équipe s’affaire dans un premier temps à créer un modèle écologique régional des secteurs où se manifestent les tiques ainsi que de la proportion d’entre elles qui sont porteuses de la maladie de Lyme. Cet exercice servira à cartographier la gradation du risque de maladie de Lyme. « Nous étudions les échantillons envoyés par la population et recueillons des renseignements quant à leur provenance. Nous ratissons également de nombreux secteurs de la région, processus par lequel nous trainons des bouts d’étoffe là où des tiques pourraient se trouver et analysons les spécimens qui s’agrippent au tissu », explique la chercheuse.

L’équipe apporte ensuite une dimension humaine à ses travaux en superposant son modèle écologique aux images satellites et aux données sur les secteurs où vivent les personnes atteintes de la maladie de Lyme, les lieux d’infection, les groupes démographiques et l’utilisation que font les gens de leur environnement avoisinant. Grâce à ces données, l’équipe peut brosser un tableau des probabilités et des facteurs de risque d’exposition à la maladie de Lyme. « Le phénomène d’urbanisation voit des quartiers résidentiels s’étendre à des secteurs boisés où vivent les tiques. Par conséquent, les gens qui fréquentent ces quartiers peuvent s’exposer à des tiques en marchant dans des herbes hautes, des buissons ou des milieux boisés, voire dans leur propre cour », fait remarquer la patho-entomologiste.  

À l’aide de méthodes multidisciplinaires novatrices, l’équipe réunit des données environnementales et épidémiologiques à l’échelle locale pour dans le but d’évaluer les risques à long terme. « Nous tenons à insister sur le fait que le risque de maladie de Lyme est en expansion à Ottawa, poursuit-elle. Les tiques font désormais partie de notre environnement; les gens doivent connaître les risques et savoir comment s’en protéger. »

Manisha Kulkarni indique qu’à l’échelle de la ville, environ une tique sur cinq est porteuse de la maladie, mais que cette proportion variera à la hausse ou à la baisse selon le secteur. Les cas de maladie de Lyme chez les humains ont connu une hausse ces quelques dernières années, une tendance qui devrait se maintenir pour les années à venir, selon la chercheuse.

« Les résidents doivent redoubler de vigilance à l’été, puisque les tiques y sont au stade de nymphe, ce qui signifie qu’elles sont plus petites et difficiles à percevoir », conclut-elle, ajoutant qu’avant d’atteindre sa pleine maturité, une tique peut avoir la taille d’une graine de pavot.

 

Une femme utilise un insectifuge, vérifie sont corps pour des tiques, un homme prend un bain pour enlever les tiques non attachées au corps et une sécheuse sèche du linge

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