En pleine étude de fin session? Des chercheurs déterminent que le sommeil est plus profitable qu’une nuit blanche d’étude

Publié le mardi 25 avril 2017

 

L’importance d’une bonne nuit de sommeil est largement reconnue. Mais ce qui se passe vraiment à l’intérieur de notre cerveau pendant que nous dormons demeure un grand mystère. Alors, pendant que les étudiants hésitent entre une nuit blanche ou huit heures de repos la veille des examens, les scientifiques, eux, s’efforcent de lever le voile sur le lien entre le sommeil et la mémoire.

Dans une étude récente publiée par PLOS ONE, Stuart Fogel, professeur de psychologie à l’Université d’Ottawa et chercheur primé dans le domaine du sommeil, met en lumière le rôle bénéfique du sommeil quant à la mémoire.

Les scientifiques ont apporté les premières preuves montrant que les zones du cerveau qui s’activent pendant le processus d’apprentissage se réactivent pendant que nous dormons. Qui plus est, l’équipe a déterminé que cette stimulation cérébrale liée au sommeil permet non seulement de renforcer l’information enregistrée dans notre mémoire, mais aussi de la consolider de manière durable.

« Nous avons découvert que la trace mnésique qui s’active pendant l’acquisition d’une habileté motrice (comme l’apprentissage d’un morceau de piano) se réactive pendant le sommeil », explique le professeur Fogel. « Nous avons également découvert que le rendement des sujets augmentait proportionnellement à l’intensité de cette réactivation. »

Grâce aux progrès de la technologie, l’équipe de recherche a pu simultanément mesurer les ondes cérébrales (EEG) et analyser l’imagerie fonctionnelle du cerveau (IRM) pendant le sommeil, démontrant ainsi comment le cerveau traite l’information nouvellement enregistrée dans la mémoire. Certaines zones cérébrales, notamment les centres de récompense et ceux impliqués dans les habiletés motrices, sont réactivées pendant l’émission de fuseaux de sommeil, périodes fugaces d’activité électrique qui contribueraient au processus de la mémoire.

Le rendement par rapport aux habiletés motrices peut augmenter rapidement avec la pratique, mais il peut continuer de s’accroître pendant le repos (alors que la pratique est interrompue), un phénomène que les scientifiques appellent des « gains autonomes ». Le sommeil permet au cerveau de prendre un souvenir encore à l’état fragile, donc susceptible d’être oublié ou brouillé; et de le consolider, pour en faire un souvenir durable et accessible.

« Notre étude révèle que les souvenirs récemment formés ont besoin d’être renforcés afin d’être enregistrés de manière permanente », poursuit le professeur Fogel. « Et notre cerveau accomplit ce travail pendant le sommeil, lors du processus de réactivation ».

Le verdict des experts? Laissez tomber les Red Bull et allez plutôt vous coucher, afin d’optimiser votre mémoire et de réussir ainsi vos examens.

Lire l’article dans PLOS ONE : Reactivation or transformation? Motor memory consolidation associated with cerebral activation time-locked to sleep spindles.

Stuart Fogel est professeur adjoint à l’École de psychologie de l’Université d’Ottawa, directeur du programme de neuroscience du sommeil à l’Institut de recherche en santé mentale du Royal, membre de l’Institut de recherche sur le cerveau de l’Université d’Ottawa et professeur auxiliaire au Département de psychologie de l’Université Western. Il a été le premier à découvrir que ces brèves périodes d’activité cérébrale qui ont lieu pendant que nous dormons, appelés « fuseaux de sommeil », sont impliquées pendant la nuit dans le renforcement de la mémoire quant aux nouvelles informations et qu’elles sont un marqueur biologique de l’intelligence humaine. Récemment, le professeur Fogel s’est vu remettre le prix Roger-Broughton décerné à de jeunes chercheurs par la Société canadienne du sommeil pour ses réalisations dans le domaine du sommeil et ses efforts de sensibilisation quant à l’importance du sommeil pour le maintien d’une bonne santé physique et mentale.

L’Institut de recherche sur le cerveau de l’Université d’Ottawa (IRCuO)

L’Institut de recherche sur le cerveau de l’Université d’Ottawa (IRCuO) est le plus important réseau de chercheurs et de médecins se concentrant sur les maladies neurologiques. L’IRCuO aide à orchestrer la collaboration et l’innovation en surmontant les différentes barrières qui existent entre les chercheurs et les médecins tout en aidant à coordonner les efforts de recherche de ses membres à travers les différentes facultés de l’Université d’Ottawa, les résidents des hôpitaux, les réseaux affiliés ainsi qu’avec les instituts de recherche locaux. L’IRCuO soutient ses membres en leur offrant un environnement de travail performant, en facilitant l’accès aux ressources ainsi qu’en offrant des programmes compétitifs pour attirer les meilleurs candidats. Nous travaillons ensemble dans le but de sensibiliser et d’éduquer la communauté sur les maladies et les troubles liés au cerveau.

À propos du Royal

Le Royal est un des hôpitaux de soins de santé mentale, d’enseignement et de recherche les plus prestigieux au Canada. Son mandat est simple : faire en sorte qu’un plus grand nombre de personnes aux prises avec la maladie mentale se rétablissent plus rapidement. En combinant la prestation de soins de santé mentale spécialisés, la défense des patients, la recherche et l’éducation, le Royal transforme la vie des gens vivant avec une maladie mentale complexe et réfractaire aux traitements. L’Institut de recherche en santé mentale du Royal est fier d’être affilié à l’Université d’Ottawa et d’être membre partenaire de l’IRCuO.


Personne-ressource pour les médias :

Sarah Foster
Agente des relations médias
Université d’Ottawa
613-762-2908
sarah.foster@uOttawa.ca

Haut de page