Prédire les symptômes post-commotionnels chez l’enfant

Publié le mardi 8 mars 2016

Une étude récente fondée sur la plus vaste cohorte prospective d’enfants atteints de commotion cérébrale dans le monde, publiée aujourd'hui dans la revue Journal of the American Medical Association, fait la démonstration d’un indice de prédiction clinique validé grâce auquel les fournisseurs de soins de santé et les chercheurs pourront prédire la durée des symptômes de la commotion cérébrale chez l’enfant.

« Pour la première fois, tant les cliniciens que les chercheurs peuvent déterminer le niveau de risque de voir des symptômes post-commotionnels durables chez un enfant, affirme le Dr Roger Zemek, auteur principal de l’étude, scientifique au Centre hospitalier pour enfants de l’est de l’Ontario (CHEO) et professeur agrégé à la Faculté de médecine de l’Université d’Ottawa. Chaque commotion est unique, tout comme l’est chaque enfant. Il est important d’avoir des attentes réalistes quant à la vitesse de récupération ».

Les commotions cérébrales constituent un grave problème de santé publique puisque les enfants et les adolescents constituent le groupe d’âge chez qui la prévalence de ce traumatisme est la plus élevée. En effet, le tiers d’entre eux souffrent de symptômes physiques (p. ex. maux de tête ou vertiges), cognitifs (p. ex. problèmes de concentration, confusion ou désorientation), émotionnels ou comportementaux pouvant durer au-delà d’un mois. Parmi les conséquences possibles de ces symptômes persistants appelés « syndrome post-commotionnel », on dénombre l’absentéisme scolaire, l’humeur dépressive, l’interruption des activités sportives et sociales et la diminution de la qualité de vie.  

Cette étude des 5 « P » (prédire et prévenir les problèmes post-commotionnels pédiatriques) a été menée par le CHEO auprès de 3 000 enfants en collaboration avec neuf départements de pédiatrie d’urgence dans tout le Canada. Tous les participants, âgés de 5 à 18 ans, ont été évalués au cours des quarante-huit heures suivant leur blessure à la tête. La plupart des patients l’ont été trois heures seulement après l’incident.   

Des experts du Canada et des États-Unis ont développé une échelle de risque qui, appliquée aux enfants dans les quarante-huit heures après un traumatisme crânien, s’est avérée un outil beaucoup plus efficace pour prédire un syndrome post-commotionnel que le diagnostic posé par le médecin de l’enfant. Le score obtenu comprend neuf variables cliniques procurant des informations démographiques et historiques, des données sur les symptômes initiaux et les troubles cognitifs et un examen physique.  

L’étude des 5 P a été très révélatrice. Elle a révélé qu’en dépit du fait que les garçons sont plus nombreux à subir des commotions cérébrales, les filles sont deux fois plus susceptibles de ressentir des symptômes perdurant plus d’un mois. On a également découvert que les enfants de huit ans et plus et les adolescents risquaient davantage de souffrir du syndrome post-commotionnel que les enfants de moins de huit ans.

« Le fait de prédire le risque de syndrome post-commotionnel nous aide à effectuer un suivi plus efficace. Ainsi, les patients à risque élevé pourraient être vus en priorité par un spécialiste des commotions cérébrales, contrairement aux patients à faible risque, qui pourraient se passer de l'avis d'un spécialiste, selon le Dr Zemek. Cette étude est déterminante pour le traitement des commotions cérébrales à venir puisque les chercheurs sont désormais en mesure de cibler les enfants à haut risque qui bénéficieraient d'une intervention visant à prévenir le syndrome post-commotionnel. »

Les sites de prévention du syndrome post-commotionnel regroupent le Centre hospitalier des enfants de l’est de l’Ontario, l’hôpital pour enfants Stollery, l’institut de recherche de l’hôpital pour enfants de l’Alberta, l’hôpital pour enfants de Winnipeg, le Sick Kids Hospital, l’hôpital pour enfants Western Ontario, le CHU Sainte-Justine, l’Hôpital de Montréal pour enfants et le Centre des sciences de la santé IWK.

L’étude a été financée par les Instituts de recherche en santé du Canada et la Fondation Neurotrauma de l’Ontario.

L’Institut de recherche du CHEO
L’Institut de recherche du CHEO, affilié à l’Université d’Ottawa, coordonne les activités de recherche au Centre hospitalier pour enfants de l’est de l’Ontario. Ses trois programmes de recherche comprennent la biomédecine moléculaire, les technologies de la santé et l’application des données probantes à la pratique médicale. Ses principaux domaines de recherche sont le cancer, le diabète, l’obésité, la santé mentale, la médecine d’urgence, la santé musculo-squelettique, les renseignements électroniques sur la santé et la protection des renseignements personnels, ainsi que la génétique des maladies rares. Les avancées réalisées aujourd’hui par l’Institut serviront à améliorer la santé des enfants de demain. Pour de plus amples renseignements, consultez le site Web www.cheori.org ou suivez-nous sur @CHEOhospital.

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