Responsabilité sociale des entreprises : les motifs comptent

Publié le vendredi 15 avril 2016

Professor Donia
Dans un article publié récemment, Magda Donia, professeure à l’École de gestion Telfer de l’Université d’Ottawa, avance que les entreprises ont beaucoup à gagner en faisant preuve de responsabilité sociale, mais uniquement si leurs employés estiment que les gestes sont posés de bonne foi. Comme le souligne la professeure, les motifs comptent.


Après avoir parcouru de nombreuses publications sur la responsabilité sociale des entreprises (RSE) et ses effets sur les employés, la professeure a mesuré toute l’importance de la perception qu’ont les employés des activités de leur employeur dans le domaine de la responsabilité sociale, perception qui varie selon que les activités sont considérées comme authentiques ou seulement symboliques. En 2015, une étude réalisée par Deloitte avait révélé que sur le plan de la responsabilité sociale, 75 % des membres de la génération du millénaire étaient d’avis que l’entreprise pour laquelle ils travaillaient était trop centrée sur ses priorités et ne contribuait pas suffisamment à l’amélioration de la société. Bon nombre de répondants estimaient que leur employeur se consacrait uniquement à maximiser la valeur des actions de l’entreprise.

La perception des employés repose sur un large éventail de facteurs, comme les projets de RSE des entreprises concurrentes et, surtout, leurs expériences sur le plan professionnel.

Selon Magda Donia, l’attitude et le comportement des employés sont influencés par ce qu’ils observent. « On peut se représenter les employés comme des psychologues instinctifs – ils examinent le comportement de leur employeur en matière de RSE, puis ils y attribuent des motifs. L’interprétation des comportements observés s’effectue de façon plus souvent automatique que consciente, et c’est pourquoi elle produit une si forte impression. Les gestionnaires doivent y être attentifs, tout comme l’équipe responsable de l’élaboration des programmes de RSE et des communications connexes », poursuit la professeure.

L’étude suggère que si la RSE est motivée par le désir de venir en aide aux bénéficiaires, les employés seront plus mobilisés et attachés envers leur employeur; ils s’y identifieront davantage, et seront plus satisfaits de leur emploi. En revanche, une approche de RSE qui sert les intérêts de l’organisation peut aller jusqu’à nuire aux efforts de fidélisation des employés, à leur confiance envers l’entreprise  et à leur subordination.

La recherche empirique effectuée à titre de suivi par la professeure, dont les résultats sont actuellement à l’étude par la revue Applied Psychology, vient appuyer ces conclusions.

« Si les employés estiment que les efforts en matière de RSE de leur organisation sont déployés de façon intéressée, il y aura un prix à payer, conclut Magda Donia. L’entreprise s’attirera le cynisme de son personnel et des allégations d’écoblanchiment. »

Lire l’article de Magda Donia (en anglais).

Personne-ressource pour les médias

Danika Gagnon
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