Une étude à l’Université d’Ottawa montre qu’avec l’âge, le sommeil n’améliore plus autant la mémoire

Publié le vendredi 4 novembre 2016

 

La bonne nouvelle : un chercheur de l’Université d’Ottawa vient de mettre en lumière que pendant le sommeil, les personnes jeunes ont la capacité de consolider dans leur mémoire les habiletés et informations récemment acquises. La mauvaise? La même étude révèle que cette faculté diminue avec l’âge, en raison des changements qui interviennent sur le sommeil.

Le professeur Stuart Fogel, qui a mené cette étude récemment, explique pourquoi, en vieillissant, les personnes ne retirent plus les mêmes avantages du sommeil que les adultes jeunes. Quand nous dormons, certaines parties de notre cerveau émettent des fuseaux de sommeil, périodes fugaces d’activité électrique. La recherche apporte les premières preuves selon lesquelles les différences structurelles de la matière grise, par rapport à ces fuseaux, contribueraient à nuire à notre capacité de consolider les habiletés motrices dans notre mémoire, plus nous avançons dans la vie.

En effet, lorsque nous vieillissons, la qualité et la quantité de notre sommeil diminuent. Chez les jeunes adultes en bonne santé, le sommeil léger (stade 2) occupe normalement entre 45 % et 55 % du temps de sommeil total. Cependant, avec l’âge, ce pourcentage se réduit considérablement. Une des caractéristiques principales de ce stade du sommeil consiste en la présence de fuseaux de sommeil, qui aident à bloquer les bruits perturbateurs et sont liés à l’accroissement de la mémoire pendant la nuit, y compris en ce qui a trait aux habilités motrices, au raisonnement et à la résolution de problèmes.

Les résultats de l’étude montrent en outre qu’avec le temps, le lien entre la matière grise et les fuseaux de sommeil se détériore, ce qui peut expliquer pourquoi, en vieillissant, le sommeil ne stimule plus autant notre mémoire.

« Pendant que nous dormons et que notre corps se repose, notre cerveau demeure très actif, en transformant et en consolidant les informations récemment acquises de manière à les rendre plus permanentes et accessibles », explique le professeur Fogel. « Nos recherches ont démontré que les fuseaux représentent un indicateur important pour cette fonction du sommeil liée à la mémoire. Mais surtout, une diminution des fuseaux en vieillissant peut être un marqueur électrophysiologique pour les changements de nature à la fois fonctionnelle et structurelle dans les parties du cerveau responsables de la mémoire. »

Spécialiste en neuroscience cognitive à l’Université d’Ottawa et directeur de la recherche en neuroscience du sommeil à l’Institut de recherche en santé mentale au Royal, le professeur Stuart Fogel étudie les fonctions du sommeil par rapport à l’apprentissage et à la mémoire. Il a été le premier à découvrir que ces brèves périodes d’activité cérébrale qui ont lieu pendant que nous dormons, appelés « fuseaux de sommeil », sont impliquées pendant la nuit dans le renforcement de la mémoire quant aux nouvelles informations et qu’elles sont un marqueur biologique de l’intelligence humaine. Sa recherche puise de façon unique dans la neuroimagerie à la fois comportementale, cognitive, électrophysiologique, fonctionnelle et structurelle, son équipe étant l’une des rares au monde à utiliser les techniques combinées de l’EEG et de l’IRMf pour étudier la fonction du sommeil par rapport à la mémoire et à la cognition.

Conseils du professeur Stuart Fogel pour améliorer la qualité du sommeil et la mémoire

  1. Le cerveau a besoin de régularité : Il est important de se coucher et de se réveiller aux mêmes heures tous les jours. La plupart des gens ont besoin de sept à huit heures de sommeil, mais certains, notamment les enfants, les adolescents et les jeunes adultes, en ont besoin de plus.
  2. Se détendre avant de se coucher : Des lumières tamisées et des activités tranquilles constituent l’idéal.
  3. La chambre à coucher doit servir à dormir : En vieillissant, notre cerveau ne produit plus autant d’activité protectrice du sommeil, ce dernier étant alors plus facilement interrompu par des facteurs externes. Pour optimiser votre nuit, éliminez donc les sources de lumière et de bruit, comme la télévision, les téléphones cellulaires, les ordinateurs, la musique bruyante et le vacarme du dehors. Conservez votre chambre à coucher obscure, fraîche et paisible.

Consultez l’étude publiée dans Neurobiology of Aging.

Personne-ressource pour les médias :

Sarah Foster
Agente des relations avec médias
613-762-2908
sarah.foster@uOttawa.ca

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