Une étude révèle des concentrations élevées d’arsenic et de mercure dans les lacs de Yellowknife

Publié le mercredi 6 avril 2016

L’industrie minière est l’un des piliers de l’économie canadienne; or, sa viabilité à long terme repose sur l’adoption de pratiques environnementales responsables. À Yellowknife, qui abrite la moitié de la population des Territoires du Nord-Ouest, la pollution générée par les mines d’or présente toujours un danger pour la santé publique.

La revue scientifique PLOS ONE publie aujourd’hui une étude dirigée par des chercheurs de l’Université d’Ottawa, où l’on révèle que dans la plupart des petits lacs qui se situent dans un rayon de 15 à 20 km des mines de Yellowknife, la concentration d’arsenic est supérieure aux recommandations pour la qualité de l’eau potable et aux niveaux garantissant la protection de la vie aquatique. Sa concentration est moindre dans les lacs dont la superficie est supérieure à 100 hectares, puisque ceux-ci reçoivent davantage d’eau provenant des précipitations et de la fonte des neiges.

De 1949 à 1999, les mines Giant et Con ont extrait sept millions d’onces d’or des sites qu’ils occupaient et contribué à bâtir l’économie des Territoires du Nord-Ouest. Les mines ont toutefois rejeté dans les secteurs avoisinants de vastes quantités de contaminants dangereux, comme de l’arsenic, de l’antimoine et du soufre.

« Dix ans après la fermeture des mines, les séquelles de cinq décennies passées à extraire de l’or se font toujours lourdement ressentir », affirme Adam Houben, auteur principal de l’étude et chercheur au Département de biologie de l’Université d’Ottawa.

« Les mines d’or de Yellowknife se trouvent au cœur d’une couronne de lacs qui présentent une concentration élevée en arsenic. Il ne fait aucun doute que l’exploitation des gisements d’or est à l’origine du phénomène », ajoute M. Jules Blais, docteur en biogéochimie, professeur de biologie et de toxicologie environnementale à l’Université d’Ottawa et directeur des efforts de recherche.

La zone de lacs hautement contaminés à l’arsenic s’étend sur 700 kilomètres carrés ayant comme point central la mine Giant. Jusqu’ici, la majorité des études réalisées dans cette région sur la concentration d’arsenic dans l’eau analysaient le site loué par la mine. Or, cette récente étude démontre que le territoire touché par la forte concentration en arsenic s’étend bien au-delà du terrain loué par la mine, allant jusqu’à englober la ville de Yellowknife.

L’étude a révélé qu’à proximité de la ville, la concentration d’arsenic dans les eaux lacustres était souvent 20 fois supérieure au niveau jugé acceptable pour la protection de la vie aquatique et 10 fois supérieure aux recommandations pour la qualité de l’eau potable. Dans un rayon de 5 kilomètres de la mine, les taux de concentration dépassent souvent 100 microgrammes par litre.

Dans les lacs situés en périphérie des mines d’or, les chercheurs ont également découvert des concentrations élevées de méthylmercure, une forme toxique de mercure produite par des bactéries. Comme ces concentrations peuvent s’accroître dans les chaînes alimentaires, la substance pourrait être détectée dans les poissons comestibles. Les auteurs de l’étude ont suggéré que la présence de méthylmercure dans les lacs pourrait être imputée aux émissions à forte teneur en soufre provenant des cheminées, lesquels favorisent la prolifération de ce type de bactérie.

« Jusqu’ici, la plupart des études se sont intéressées à la présence d’arsenic dans l’eau. La nôtre démontre quant à elle les effets cumulatifs substantiels de la pollution, qui se sont manifestés ici par des concentrations inattendues de méthylmercure, explique M. Houben. Nos conclusions accentuent la nécessité de mettre en place des règles de surveillance environnementale permanente au sein de l’industrie minière. »

« Ces études sont importantes, car elles nous permettent de mettre au point des pratiques minières plus durables, indique M. Blais. Nous devons continuer à apprendre de nos erreurs pour éviter de les répéter. »

Des chercheurs universitaires font actuellement équipe avec des partenaires de recherche du milieu gouvernemental pour approfondir les recherches sur les concentrations d’arsenic dans les lacs à proximité de Yellowknife.

Personne-ressource pour les médias

Danika Gagnon
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