Besoin d’un expert? COVID-19 : le processus de déconfinement

Publié le lundi 11 mai 2020

Émoji de virus portant un masque facial, à côté des crayons de l'école

Les membres des médias peuvent communiquer directement avec l’expert suivant :

Dr Hugues Loemba (français seulement)

Clinicien-chercheur, médecin de famille et virologue. Professeur agrégé, Faculté de médecine (médecine familiale)

media@uottawa.ca
 

Le Dr Loemba a accepté de répondre à nos questions :

1- La réouverture des écoles au Québec soulève plusieurs questions. Est-ce une bonne décision?

« La décision d’ouvrir les écoles au Québec pourrait être jugée plus tard comme bonne ou mauvaise, selon les éventuelles conséquences que ceci pourrait entraîner, dans un sens comme dans l’autre, en rapport avec le contrôle ou pas de l’épidémie à COVID-19. Évidemment, on sous-entend que toutes les conditions et mesures en santé publique en rapport avec la prévention et le contrôle de la transmission de l’infection sont réunies et appliquées scrupuleusement pendant tout le processus.

La réouverture des écoles me paraît probablement plus justifiée pour les régions où l’épidémie est moins présente, mais elle est définitivement précipitée là où les conditions de contrôle de l’épidémie ne sont pas encore réunies, tel que dans la région de Montréal et dans ses banlieues. »

2- Quelles conditions devraient être réunies avant d’amorcer un déconfinement graduel (et éviter une 2e vague pire que la première)?

« Il faut qu’il y ait au moins 2 semaines consécutives de réduction progressive des nouveaux cas de COVID-19, une plus grande disponibilité des conditions dans les hôpitaux y compris les équipements et le personnel, la mise en place de tout ce qui est nécessaire pour augmenter l’accès aux tests, pour procéder rapidement à l’isolation des cas, au retraçage et au suivi des contacts, tout en appliquant les mesures barrières et la distanciation sociale là où on applique le déconfinement.

En gros, le plus rapidement on procède au déconfinement, le mieux ça pourrait être pour l’économie, mais le plus lourd pourrait être le prix à payer en vies humaines. »

3- Comment devrait se faire un déconfinement sécuritaire? Quelles structures devraient rouvrir en premier? En dernier? Quelles mesures devraient être assouplies?

« Lorsque les conditions énumérées à la question 2 sont toutes en place. Les structures qui abritent moins de personnes à risques et qui renferment toutes les conditions nécessaires (énumérées à la question 2) devraient ouvrir en premier. En dernier, ce seraient les résidences des personnes âgées.

Les mesures à assouplir en premier:  ceci représente toute mesure qui peut être allégée et dont l’application peut s’adapter dans ces conditions de contrôle et de prévention de la COVID-19; en d’autres termes, tout nouveau règlement d’allègement des restrictions qui minimise en même temps les risques de transmission du virus de la COVID-19. »

4- Vous êtes un médecin spécialisé dans les virus, plus particulièrement le virus de l'immunodéficience humaine (VIH). Que remarquez-vous de particulier avec le coronavirus? 

« La grande différence du nouveau coronavirus par rapport au VIH c’est la facilité avec laquelle ce virus se transmet d’une personne à une autre, n’épargnant personne, quel que soit le rang social de la personne. C’est aussi la rapidité avec laquelle ce virus peut emporter une personne en bonne santé en quelques jours ou en quelques semaines. On n’a pas toujours besoin d’avoir un comportement à risque ou d’avoir un facteur de risque (comme dans le VIH/SIDA) pour être exposé et infecté par ce virus. »

5- Tout le monde espère un retour à la normale rapidement. Mais est-ce possible d’espérer un retour à la "normale", telle qu’elle était avant la pandémie?

« Nous devons nous adapter à vivre avec ce virus pour encore longtemps. Le vrai retour à la normale ne peut être envisageable seulement que s’il y a un vaccin et des bons traitements préventifs et curatifs contre ce virus SARS-CoV-2. »

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