Besoin d'un expert? COVID-19 : surabondance d’information et vent de panique

Publié le mercredi 11 mars 2020

 port du masque, pas de poignée de mains et une montagne de papier de toilette

Les membres des médias peuvent communiquer directement avec l’expert suivant :

Luc Bonneville (français seulement)
Professeur titulaire, Département de communication (Faculté des arts) et chercheur à l’Institut du Savoir Montfort

La surabondance d’informations sur le coronavirus contribue-t-elle à créer (et alimenter) un mouvement de panique au sein de la population? Quel est le rôle de chaque citoyen?

« La surabondance d’informations pousse certains médias à rechercher les titres les plus percutants, pouvant susciter l’attention rapide du plus grand nombre, soutient le professeur Bonneville. Qu’on pense ici aux mots, aux images, aux graphiques, etc., qui sont utilisés pour parler, montrer, mettre en scène le coronavirus.

Les médias sociaux, blogues autres plateformes numériques ne sont pas en reste. On y diffuse des informations en marge des canaux classiques de communication. Et c’est probablement là tout le problème : il y a une surabondance de « nouvelles » qui circulent dans l’espace public et qui colportent toutes sortes de données et de « faits » qui ne sont pas toujours vérifiés et validés ou dont l’interprétation qu’on suggère n’est pas toujours rigoureuse. On transmet aussi des émotions, qui ont souvent une force beaucoup plus grande que des faits relatés de manière objective.

Il y a aussi beaucoup de croyances populaires qui circulent quant à l’origine du coronavirus. Les théories du complot pullulent. Des campagnes de peur sont même mises en scène, de manière habile avec des images qui frappent l’imaginaire comme celles que l’on a vues circuler en ligne : des cadavres qui jonchent le sol en Chine, des aéroports assiégés, des rayons d’épicerie complètement vides, des hôpitaux remplis à pleine capacité, des mises en quarantaine où les gens sont confinés de manière indigne, etc. Ce sont ces « informations » qui circulent en abondance en ligne qui sont à mon avis les plus dangereuses, les plus susceptibles de nourrir ce mouvement de panique que l’on tend à observer un peu partout.

Je pense que chaque citoyen a un rôle à jouer dans la manière dont il s’approprie l’information et surtout de la manière dont il va la relayer ou pas dans les réseaux sociaux. Avant de relayer certaines informations en un simple « clic », les spécialistes vont recommander notamment d’identifier les sources, d’essayer de lire les articles au complet et pas seulement les titres, de vérifier le statut des experts qui sont cités ou pas, etc. Et, surtout, de se méfier de nos propres préjugés. Ne pas tomber dans le piège qui consiste à relayer systématiquement tout ce qu’on lit et voit en ligne. Nous sommes tous, en quelque sorte, responsables de la peur que l’on peut alimenter chez les autres. »

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