Besoin d’un expert? Enfants et temps d’écran

Publié le mercredi 14 juillet 2021

Enfant utilisant un iPad

Les membres des médias peuvent communiquer directement avec l'expert suivant :

Dr. Michael Cheng (français et anglais)

Professeur agrégé au Département de psychiatrie, Faculté de médecine, et psychiatre au Centre hospitalier pour enfants de l’est de l’Ontario (CHEO).

media@uottawa.ca


À l’ère de la COVID-19, les enfants passent encore plus de temps devant leurs écrans, une réalité lourde de conséquences sur leur santé mentale et leur bien-être

Quelle emprise les écrans ont-ils désormais sur nous?
« Notre société est plus accro aux écrans qu’à la cocaïne, et nos enfants en subissent les effets.

La quête de dopamine et d’adrénaline est tout à fait naturelle chez l’humain; autrefois, on obtenait notre dose quotidienne en s’adonnant à des activités telles que la chasse, la cueillette et l’agriculture. Les interactions en personne nourrissaient aussi notre cerveau en ocytocine. Malheureusement, les écrans s’immiscent dans l’équation en nous refilant facilement de la dopamine et de l’adrénaline. Pourquoi prendre l’air en famille et entre amis quand on peut recevoir notre dose devant l’écran? Tout comme le rat de laboratoire qui préfère la cocaïne à la nourriture, nous préférons maintenant l’écran à ce dont nous avons réellement besoin.

Des études ont démontré une corrélation entre la hausse du temps d’écran et les problèmes de santé mentale. Pour aider les enfants et les jeunes qui souffrent de dépression, l’une des principales choses à faire est de s’attaquer au temps d’écran excessif et de renouer avec des gens et des activités qui leur donne une raison d’être, un sentiment d’appartenance et de l’espoir. »

Quel effet a ce surplus de temps d’écran sur les enfants?
« Une utilisation malsaine des technologies peut détériorer la santé mentale d’un enfant, et c’est pourquoi les parents doivent savoir comment bien guider leur utilisation.

Quand il est question de technologie chez les enfants, il y a du bon, du moins bon, du mauvais... et du carrément désastreux. La technologie peut avoir des effets positifs sur certains enfants – elle leur permet d’entrer sainement en contact avec leurs pairs et de briser l’isolement. Ou, si on fixe des limites claires, elle les aide dans leur apprentissage. Cela dit, la plupart des enfants ont un problème d’usage excessif du numérique. Quand on s’en sert à outrance, c’est un peu comme faire un pacte avec le diable : la technologie est conçue pour cultiver une dépendance. »

Quelles répercussions a eu la pandémie sur cette réalité?
« Avant la pandémie, on travaillait beaucoup à détacher les jeunes (et les adultes) de leurs appareils pour aller à l’extérieur ou se voir en personne. Maintenant que l’école et le travail se font en virtuel, nous sommes nombreux à passer plus de temps devant l’écran. 

S’il faut accepter qu’il y aura désormais plus de temps d’écran, on doit s’assurer que ça se fait sainement. Il faut bien aménager l’espace et respecter la règle 20-20-20 : toutes les 20 minutes, faire une pause de 20 secondes et fixer quelque chose à une distance d’au moins 20 pieds (idéalement, à l’extérieur ou par la fenêtre).

Les parents peuvent promouvoir une utilisation plus saine des écrans. Ils peuvent se familiariser avec les contrôles parentaux automatisés, comme les applications Screen Time d’Apple ou Digital Wellbeing d’Android, et inciter leurs enfants à utiliser des applis éducatives. De cette façon, si l’enfant utilise son appareil, il en retirera au moins quelque chose. Ils peuvent aussi leur enseigner à utiliser plus sainement les médias sociaux, et ne pas les abandonner à leurs écrans! »

Haut de page