Besoin d’un expert? L’impact de la COVID-19 sur les petites entreprises

Publié le jeudi 3 décembre 2020

Femme avec carte qui li 'Small business fighting for survival'

Vous pouvez communiquer directement avec l' expert suivant :

Peter Jaskiewicz (anglais seulement)

Professeur et titulaire de la Chaire de recherche de l’Université en Entrepreneuriat durable, École de gestion Telfer

Peter.Jas@telfer.uottawa.ca

Les recherches du professeur Jaskiewicz portent sur les entreprises familiales. Il offre ici son avis sur le confinement en vigueur et ses conséquences sur les petites entreprises.
 

Peut-on protéger à la fois l’économie et la santé publique? Cette question occupe une place importante depuis le début de la pandémie. Or, en raison de la hausse des cas dans bien des régions, elle a évolué, si bien qu’on se demande maintenant ce qui doit primer : l’économie ou la santé publique?

J’invite instamment les intéressés à trouver des moyens de protéger les deux. Les petites entreprises sont généralement des entreprises familiales qui forment l’épine dorsale de notre économie et de nos communautés. Bon nombre d’entre elles peinent à survivre, même si elles ont pris toutes les mesures possibles pour limiter la transmission du coronavirus. Elles partagent les appréhensions du public, et nous aurions intérêt à trouver avec elles des solutions sur mesure pour protéger à la fois notre économie et la santé publique.

Certaines personnalités publiques estiment que ces entreprises sont des foyers de propagation et prônent leur fermeture. Elles laissent ainsi entendre que les petites entreprises ne sont pas bien outillées pour freiner la transmission et qu’elles devraient fermer pour cette raison.

Il serait hasardeux de prétendre que la fermeture de celles-ci est directement corrélée à la réduction de la transmission, en raison de plusieurs facteurs : les données sur le taux de transmission dans ces entreprises sont encore lacunaires; la transmission communautaire varie d’une région et d’une province à l’autre; les mesures de prévention varient d’une entreprise à l’autre; et, en Ontario, les principaux foyers de transmission sont les résidences pour personnes âgées, les écoles et les garderies.

Les taux de transmission relativement faibles dans les commerces, les restaurants et les entreprises sont de très bon augure : c’est signe que les mesures semblent fonctionner. Bon nombre de petites entreprises se sont empressées de mettre en place divers protocoles parce que leurs propriétaires-exploitants vivent dans la communauté. Ils savent qu’ils ont un devoir envers leurs clients et eux-mêmes, et qu’il risque de perdre leur licence morale et de mettre en péril leur santé et celle de leur famille s’ils se livrent à des agissements irresponsables.

Nous devons venir à la rescousse des petites entreprises par divers moyens :

  1. Informer aussi souvent que possible les propriétaires des pratiques exemplaires et collaborer avec eux afin d’offrir une expérience client encore plus sécuritaire;
  2. Comparer les risques de transmission entre les différents types d’entreprises et tenter d’adapter les règles de sécurité en conséquence. Prenons par exemple un centre d’entraînement, une librairie et un salon de coiffure. Comme les interactions avec les clients sont très différentes dans chacun de ces commerces, il y aurait lieu de mettre en place des protocoles distincts pour limiter le risque de transmission;
  3. Faire appliquer les règles en vigueur pour identifier les rares récalcitrants; et
  4. Informer le public sur les risques de transmission communautaire. Beaucoup de gens pensent qu’ils peuvent contracter le virus à l’épicerie, même s’ils sont plus susceptibles d’être infectés par leurs enfants qui fréquentent la garderie et jouent avec leurs amis.
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