Bons soldats ou bons acteurs? Une étude révèle que les patrons connaissent les véritables motivations de leurs employés

Publié le lundi 16 mars 2015

Vous voulez gravir les échelons de votre profession? Vous auriez tout intérêt à agir en fonction de ce qui importe le plus pour votre employeur que de votre intérêt personnel. Une étude publiée dans le Journal of Business Psychology (anglais seulement) révèle en effet que les bons patrons ne sont pas facilement dupés par les employés qui font semblant.

Dans une organisation, les superviseurs jouent un rôle important dans la décision d'accorder des récompenses ou des promotions. Ils devraient donc être à même de distinguer les « bons soldats », ceux qui ont un engagement profond envers l'entreprise, des « bons acteurs », les employés qui ne cherchent qu'à se faire valoir, pour que les employés reçoivent la reconnaissance qu'ils méritent vraiment. Il va sans dire que dans les deux groupes, les employés sont capables de faire preuve d'un comportement positif en milieu de travail qui dépasse leur simple description de poste.

« C'est la motivation qui distingue les soldats des acteurs, explique la professeure Magda Donia, auteure principale de l'étude et professeure à l'École de gestion Telfer. Si les soldats agissent par motivation désintéressée et un désir d'aider leur organisation et leurs collègues, les acteurs sont plutôt motivés par le désir de progresser dans l'organisation et choisissent pour se démarquer les dossiers qui leur rapporteront le plus à titre personnel. »

La professeure Donia et ses coauteurs, Gary Johns de l'Université Concordia et Usman Raja de l'Université Brock, ont fait subir des tests à des patrons pour déterminer s'ils étaient véritablement capables de faire la différence entre un bon acteur et un bon soldat. Ils ont mené leur étude dans 21 succursales d'une banque multinationale de langue anglaise au Pakistan. Au total, 197 préposés aux caisses et leurs 47 supérieurs immédiats ont répondu à l'enquête.

« Nos résultats révèlent que les superviseurs savent très bien lesquels de leurs employés travaillent dans l'intérêt de l'organisation ou dans leur propre intérêt, conclut la professeure Donia. Les employés qui veulent gravir les échelons devraient apprendre à aider et à donner pour faire une contribution réelle à l'organisation, sans attendre quoi que ce soit en retour. »

Des études antérieures montrent que les patrons préfèrent généralement les bons soldats aux bons acteurs. Cette étude pousse ces conclusions un peu plus loin en montrant que les patrons pourraient avoir de bonnes raisons d'afficher une telle préférence : ils croient peut-être que les employés altruistes et ceux qui sont préoccupés par leurs propres intérêts n'offrent pas la même qualité de contribution à une organisation, et que le fait d'avoir trop de gens dans le deuxième groupe diminue le rendement général de leur équipe. Les auteurs tenteront de vérifier cette hypothèse dans une étude de suivi.

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Kina Leclair
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