Comment les villes pourraient aider à protéger les espèces menacées par les changements climatiques

Publié le mardi 14 mai 2019

Champ de fleurs indigènes.

Cela peut sembler contre-intuitif, mais si les villes et les banlieues étaient mieux conçues, elles pourraient aider les espèces à faire face à la menace des changements climatiques. Selon une nouvelle étude publiée dans Ecology, les animaux se déplacent plus rapidement dans les « habitats de faible dans les « habitats de faible qualité » que dans les « habitats de haute qualité ». Cet aspect du comportement animal pourrait radicalement changer la façon dont nous analysons les mouvements des différentes espèces à travers l'environnement. Il pourrait aussi nous fournir les outils nécessaires pour concevoir des paysages qui favorisent la protection des insectes et d'autres animaux sauvages.

L'étude, dirigée par Elizabeth Crone, professeure de biologie à l'Université Tufts, et des chercheurs de l'Université de Liverpool, de l'Université Washington State et de l'Université d'Ottawa, fournit un cadre d'action définitif pour aider à la protection de plusieurs espèces en péril. Pour que les environnements des villes et des banlieues puissent contribuer à élargir l'aire de répartition des espèces animales, un équilibre spécifique entre les habitats de faible et de haute qualité doit être atteint : si une norme minimale est respectée, les espaces verts en milieu urbain pourraient en fait devenir une avantageuse voie de migration.

Dans leur ensemble, les paysages urbains seront toujours considérés comme des habitats de faible qualité, mais si une portion était convertie en habitats de haute qualité, si de simples pelouses devenaient des jardins de plantes indigènes, l’équilibre recherché serait atteint.

En utilisant les données sur 78 espèces issues de 70 études différentes, la recherche a montré que dans 73 % des cas, les animaux se déplaçaient plus rapidement dans des habitats de faible qualité. L'équipe a également utilisé des modèles mathématiques pour calculer les taux d'expansion de l'aire de répartition dans une variété d’environnements pour une espèce exemplaire, le papillon Baltimore. Les résultats ont montré que l'expansion a été la plus rapide dans des environnements composés d'environ 15 % d'habitats de haute qualité et 85 % d'habitats de faible qualité.

La raison qui sous-tend ces résultats est assez simple : lorsque les animaux se trouvent dans une zone inhospitalière, ils ont tendance à faire des mouvements plus longs et plus droits. Tant qu'ils ne meurent pas dans des habitats de faible qualité, leur voyage vers le prochain habitat de haute qualité aura tendance à être plus rapide.

« Nous avons l'occasion d'exploiter le potentiel de conservation des espaces verts en ville et en banlieue », a déclaré Frithjof Lutscher de l'Université d'Ottawa, qui faisait partie de l'équipe de recherche. « Les acteurs en planification doivent modifier leur approche et leur mentalité : s'ils consacrent seulement 15 % du paysage à la création d’un habitat de qualité, ils établiront des zones stratégiques qui serviront de "tremplins" pour les animaux et ils contribueront à la protection des espèces menacées par les changements climatiques. Bien que la plupart des villes et banlieues aient actuellement moins de 15 % d'habitats de haute qualité, nous pouvons y aspirer. C'est un objectif réaliste et envisageable. »

Alors que la plupart des études sur la conservation de la biodiversité se sont concentrées sur la documentation des modèles d'habitats et de migrations des espèces, cette recherche s'est concentrée sur les mécanismes derrière ces modèles, offrant ainsi de nouvelles et rafraîchissantes perspectives.

À la lumière du récent rapport de l'ONU indiquant qu'un million d'espèces sont menacées d'extinction, cette étude et ses résultats nous permettent également de croire que nous pouvons faire notre part pour éviter les pires scénarios.

 

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