Disponibilité de l’alcool : de bons et de mauvais côtés

Publié le vendredi 29 mars 2019

Bouteille de bière versée dans un verre

 

Depuis 2015, le fait de pouvoir acheter de l’alcool dans les épiceries de l’Ontario a probablement aidé les plus occupés d’entre nous à acheter une bouteille de vin de dernière minute avant le souper ou quelques bières avant le début du match, mais une nouvelle étude montre que cela pourrait aussi avoir augmenté le nombre de visites aux urgences pour des raisons liées à l’alcool.

C’est la conclusion à laquelle sont arrivés le Dr Daniel Myran et ses collègues, dont la recherche est basée sur le projet sommatif qu'il a réalisé dans le cadre d’une maîtrise en santé publique à Harvard et lors de sa résidence en santé publique et en médecine préventive à l’Université d’Ottawa.

Bien que des recherches antérieures aient suggéré que dans les endroits où l’alcool est plus facilement accessible, les gens ont tendance à boire davantage et à subir plus de méfaits liés à l’alcool, un certain nombre de questions demeuraient sans réponse. Lorsque le gouvernement de l’Ontario a décidé de permettre aux épiceries de vendre de l’alcool en 2015, il a aussi créé une occasion de mieux comprendre le lien entre la disponibilité de l’alcool et ses dangers pour la santé.

En comparant les statistiques antérieures et postérieures à ce changement de politique, le Dr Myran et ses collègues ont établi un lien entre l’augmentation de la disponibilité de l’alcool (définie comme le fait d’avoir plus de points de vente et des heures d’ouverture plus longues) et une augmentation des visites aux urgences attribuées à alcool.

Les auteurs ont signalé que depuis 2015, le nombre de points de vente d’alcool en Ontario a augmenté de 15,1 %, la grande majorité d’entre eux (88 %) étant les épiceries vendant maintenant de l’alcool. Lorsque les auteurs ont examiné les données sur les visites à l’urgence de l’Institut canadien d’information sur la santé , ils ont constaté que les visites à l’urgence attribuables à l’alcool avaient augmenté de 17,2 %, comparativement à 6,2 % pour l’ensemble des visites à l’urgence, depuis qu’il est possible d’acheter de l’alcool dans les épiceries. De plus, l’augmentation des visites à l’urgence attribuées à l’alcool était de 6 % plus élevée dans les régions de la province qui ont commencé à vendre de l’alcool dans les épiceries que dans celles qui n’en vendaient pas.

« L’alcool a des conséquences extrêmement néfastes dans la société et la plupart des Canadiens connaissent quelqu’un qui a ou a eu un trouble lié à la consommation d'alcool. Bien que la vente de bière à l’épicerie puisse sembler assez inoffensive, les données recueillies en Ontario indiquent que ce changement a probablement entraîné une augmentation des méfaits liés à l’alcool, a expliqué le Dr Myran. J’espère que les autres provinces et territoires qui envisagent d’apporter des changements similaires à leur façon de vendre de l’alcool regarderont ces résultats avec attention. »

L’étude du Dr Myran a été publiée dans Addiction et a été menée en collaboration avec des chercheurs de l’Université Harvard et du Centre de toxicomanie et de santé mentale de Toronto.

 

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