Une doctorante de l'Université d'Ottawa reçoit le prix du Chercheur en incendie de l'année

Publié le mardi 15 septembre 2020

Jennifer Keir devant un camion de pompier

La doctorante et associée de recherche à l'Université d'Ottawa, Jennifer Keir, dont les recherches portent sur la santé des pompiers et leur exposition à des substances dangereuses dans le cadre de leurs fonctions, a été nommée Chercheuse en incendie de l'année 2020 par l'Association canadienne des chefs de pompiers.

En octobre 2017, Jennifer Keir et son équipe de recherche ont publié une étude novatrice dans la revue Environmental Science & Technology, révélant que les pompiers du Service des incendies d'Ottawa avaient de trois à cinq fois plus de substances chimiques dangereuses dans leur urine après avoir combattu un incendie. L'étude suggère que les pompiers sont exposés à des substances chimiques dangereuses par contact cutané.

Jennifer Keir a accepté de répondre à nos questions.

1- Que signifie pour vous le prix du Chercheur en incendie de l'année?

« C'est un honneur de recevoir ce prix. Je me sens privilégiée de pouvoir mener des recherches avec les hommes et les femmes extraordinaires qui travaillent pour les services d'incendie. Recevoir un prix en retour est très spécial. Les chercheurs canadiens en incendie font un travail formidable et j'ai la chance de faire partie de ce groupe. »

2- En 2017, vous, ainsi qu’une équipe de chercheurs de l'Université d'Ottawa, avez publié une étude sur le niveau d’exposition à des produits chimiques des pompiers du Service d’incendie d’Ottawa sur le terrain, pendant leurs opérations d’urgence. Quel a été l'impact de cette recherche sur les pompiers et sur votre carrière?

« Je pense que ce qui a eu le plus d'impact sur les pompiers à la suite de cette recherche a été de découvrir l'ampleur de la contamination causée par leur travail. De nombreux pompiers savent qu'ils sont exposés à des émissions de combustion, en raison de l’odeur de la fumée et de la suie sur eux, sur leur équipement et dans leur environnement. Mais le fait que cette contamination ait été mesurée de manière analytique et que des chiffres aient été mis en évidence illustre bien la gravité du problème.

L'étude a également mis en lumière de nombreuses questions qui restent sans réponse, notamment : que faisons-nous pour prévenir et/ou réduire ces expositions? Mes deux merveilleux superviseurs, les professeurs Jules Blais et Paul White, m'ont aidé à poursuivre ces recherches et à trouver des réponses à ces questions, ce qui m'a mené là où je suis aujourd'hui, c'est-à-dire à travailler sur un doctorat. »

3- Comment votre vie a-t-elle changé depuis la publication de cette recherche? Qu'avez-vous appris?

« Depuis la publication de notre recherche de 2017, j'ai eu l'occasion de parler avec des pompiers et des chercheurs en incendie du monde entier et d'acquérir différentes perspectives. Par exemple, j'ai pris connaissance des protocoles de prévention de l'exposition que divers services mettent en place et des obstacles que certains rencontrent lors de la mise en place de ces nouveaux protocoles (les budgets serrés, ou encore les problèmes logistiques tels que les conditions météorologiques extrêmes, par exemple). Ces différentes perspectives me permettent de voir quels sont les domaines où la recherche fait défaut et sur lesquels nous devrions concentrer nos efforts. »

4- Y a-t-il des développements liés à cette recherche que vous pouvez partager avec nous?

« Après notre étude en 2017, nous savions que les pompiers subissaient des expositions importantes à des produits de combustion nocifs, alors nous avons voulu trouver des moyens pour réduire ces expositions. Nous avons de nouveau collaboré avec le Service des incendies d'Ottawa et avons reçu des fonds du Directeur - Service des Incendies (Forces Canadiennes), de l'Association internationale des pompiers, de l'Association des pompiers professionnels d'Ottawa, de l'Association des pompiers de Montréal et de l'Institut de protection contre les incendies du Québec pour mener d'autres recherches. »

5- Quels sont les projets sur lesquels vous travaillez en ce moment?

« Nous terminons présentement une étude qui évalue des méthodes de nettoyage de la peau après un incendie et leur capacité à réduire l'exposition à des produits chimiques. L'idée est qu'immédiatement après un incendie, un pompier pourrait nettoyer sa peau afin de réduire la durée pendant laquelle les sous-produits de la combustion sont sur sa peau, dans l'espoir de réduire la quantité absorbée par son corps. Il existe plusieurs produits sur le marché pour cette "décontamination dermique après un incendie" pour les pompiers, mais aucun n'a été rigoureusement étudié de cette manière. Les résultats fourniront aux pompiers des preuves scientifiques pour développer de meilleurs protocoles afin de réduire leur exposition. »


 

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