Énergie positive publie les premiers résultats d'un sondage conçu pour mesurer la polarisation en matière d’énergie et changements climatiques au Canada

Publié le mardi 10 décembre 2019

Sondage d'Énergie positive.

Énergie positive a publié aujourd’hui de nouveaux résultats d’un sondage public opportun, examinant un éventail de questions essentielles à l’avenir énergétique du Canada à l’ère des changements climatiques. Ce nouveau sondage mesurera de façon continue la polarisation en matière d’énergie et changements à travers le Canada. L'enquête a été menée par Stephen Bird et Erick Lachapelle, membres de l’équipe de recherche d’Énergie positive. Les résultats arrivent au milieu des préoccupations croissantes concernant la polarisation après les élections fédérales de 2019.

La recherche offre de nouvelles perspectives sur la polarisation en établissant la distinction entre l’opinion polarisée et l’opinion fragmentée. L'opinion polarisée fait référence à des opinions regroupées aux extrémités d'un spectre. Les personnes ne sont pas simplement en accord ou en désaccord, ils le sont fortement. L'opinion fragmentée fait référence à des divergences d'opinion qui ne sont pas nécessairement concentrées aux deux extrémités d’un spectre.

La distinction entre l’opinion fragmentée et l’opinion polarisée est essentielle pour les décideurs qui naviguent dans la polarisation. Les opinions polarisées sont difficiles à gérer pour les gouvernements parce que les opinions peuvent être moins malléables et moins portées vers le compromis.

La recherche examine l'opinion publique selon plusieurs critères démographiques, notamment la province, l'âge, l'affiliation partisane et la taille de communauté. Les canadiens et les canadiennes sont généralement en accord sur de nombreuses questions liées à l'énergie et au climat. En cas de désaccord, l'opinion est plus souvent fragmentée que polarisée. L'opinion polarisée a tendance à émerger selon les affiliations partisanes.

« Nos résultats révèlent que les canadiens et les canadiennes ont des différences d’opinion sur un certain nombre d’enjeux énergétiques, mais ils ne sont pas toujours polarisés. Cette constatation est cruciale - elle suggère qu'il pourrait y avoir plus de place pour des compromis sur les questions contentieuses de l'énergie et du climat qu'on ne le croit généralement », a déclaré Monica Gattinger, Présidente d'Énergie positive et Professeure titulaire, École d'études politiques, Université d'Ottawa.

« Lorsque nous visualisons l'opinion publique, nous voyons généralement une courbe en cloche », a ajouté Stephen Bird, Professeur agrégé de science politique à l'Université Clarkson et chercheur affilié à Énergie positive. « La plupart des gens occupent un terrain d'entente. Lorsque l'opinion est polarisée, la courbe en cloche s'inverse, avec plus d'opinions occupant les extrêmes. Des courbes en cloche inversées sont visibles dans certains de nos résultats. »

Selon Erick Lachapelle, Professeur agrégé de science politique à l'Université de Montréal et membre de l’équipe de recherche d’Énergie positive, « ce sondage donne un aperçu des points de vue de la campagne électorale fédérale de 2019. Il sera important de suivre ces points de vue afin que nous puissions mieux comprendre comment la conversation sur le climat et l'énergie évolue au Canada. Si les vues deviennent plus polarisées, nous voudrons savoir ce qui motive ces changements. »

Le rapport complet est disponible sur le site web d’Énergie positive. Au cours des prochains mois, Énergie positive publiera des analyses supplémentaires à partir de ces données, y compris une analyse multivariée. 

Faits saillants

L'enquête s'est concentrée sur sept problèmes pressants auxquels les canadiens et les canadiennes et les décideurs se sont confrontés :

  • La taxe fédérale sur le carbone : le sondage révèle plus de soutien que d'opposition à la taxe fédérale sur le carbone. Cependant, les opinions sont polarisées sur des bases partisanes. Les opinions sont plus fragmentées que polarisées d'une génération à l'autre et d’une région à une autre (avec l’exception des prairies et du Québec, ou les opinions tendent à être polarisées).
  • Pipelines : Plus de répondants sont d'accord que pas d'accord sur l’idée que les avantages économiques de la construction de nouveaux pipelines au Canada emportent sur les risques de déversements potentiels, de trafic de pétroliers et de changements climatiques. L'opinion est polarisée selon les lignes partisanes mais fragmentée entre générations et régions (avec l’exception des prairies et du Québec, ou les opinions tendent à être polarisées).
  • La vitesse d’une transition énergétique : la plupart des répondants préfèrent une transition équilibrée, plus des deux tiers déclarant que le Canada devrait continuer à produire du pétrole et du gaz. Un sur trois soutient l'élimination rapide des combustibles fossiles. Près de la moitié de tous les répondants souhaitent une énergie 100% renouvelable au cours des 10 prochaines années.
  • Mix énergétique du Canada : chaque région du Canada reconnaît fortement l’importance du pétrole, du gaz naturel et des énergies renouvelables pour l’économie canadienne actuelle. L'opinion sur l'énergie nucléaire est fragmentée au niveau national et tend è être polarisée par région, génération et affiliation partisane.
  • Les sables bitumineux : L'idée selon laquelle le Canada peut continuer à développer ses ressources en combustibles fossiles comme les sables bitumineux tout en respectant ses engagements climatiques recueille plus de soutien que d'opposition, mais l'opinion générale est fragmentée. Il existe des points de vue fortement polarisés sur cette question selon des orientations partisanes.
  • Énergie nucléaire : les attitudes à l'égard de l'énergie nucléaire en tant que solution climatique sont fragmentées au niveau national, mais quelque peu polarisées en fonction de régions, générations et partis politiques.
  • Consentement autochtone : les canadiens et canadiennes sont partagés quant à l’idée selon laquelle le consentement autochtone est la considération la plus importante pour les projets énergétiques. L'opinion est polarisée par région, génération et appartenance partisane. La génération Y et la génération Z sont les seules cohortes générationnelles à exprimer plus de soutien que d'opposition à l'idée.

Résultats disponibles sur le lien ci-dessous :

Polarisation sur l'énergie et le climat au Canada

D’autres sondages Énergie positive :

Énergie positive / Nanos Omni Surveys
Énergie positive / Nanos Leaders Panel Waves

 

Pour plus d’informations :
Orian Labrèche
Agent de relations avec les médias
orian.labreche@uottawa.ca
613.863.7221 

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