Est-ce qu’on se connaît? Le lien entre la reconnaissance faciale et la vue chez les adultes de 55 ans et plus

Publié le vendredi 20 juillet 2018

Des étrangers dans la rue

Pourquoi prenons-nous parfois des inconnus pour des personnes que nous connaissons et des personnes que nous connaissons pour des inconnus?

Isabelle Boutet, professeure au département de psychologie de l’Université d’Ottawa, tente d’expliquer ce genre d’erreurs dans ses recherches, lesquelles portent principalement sur les personnes âgées de 55 ans et plus et leur capacité à reconnaître un visage.

La reconnaissance des visages consiste à identifier quelqu’un en observant ses traits et en les associant à l’information emmagasinée en mémoire – une aptitude sur laquelle nous comptons chaque jour pour reconnaître les gens autour de nous.

Selon l’étude menée par la professeure Boutet, deux types d’erreurs peuvent survenir lors du processus de reconnaissance faciale : prendre un étranger pour quelqu’un qu’on connaît et ne pas reconnaître quelqu’un qu’on connaît. Les jeunes adultes commettent les deux types d’erreurs alors que les adultes de 55 ans et plus ne sont coupables que du premier.

examen de la vue

Avec l’âge, c’est bien connu, la vue baisse. Selon la professeure Boutet, l’affaiblissement de la vision serait un des principaux facteurs à l’origine des erreurs de reconnaissance faciale, contrairement à la croyance selon laquelle la perte de mémoire serait généralement en cause.

Au cours de ses recherches sur le sujet, la professeure Boutet a été en mesure de prouver que les personnes âgées peuvent habituellement reconnaître quelqu’un qu’elles ont déjà vu. Le fait qu’elles prennent des inconnus pour des connaissances s’expliquerait plutôt par les nombreux visages qu’elles ont déjà vus et gardés en mémoire. C’est pourquoi elles ne commettront qu’un seul type d’erreur de reconnaissance faciale, à savoir : croire qu’elles connaissent quelqu’un qui leur est en fait inconnu.

Ce type d’erreur peut les mettre dans l’embarras et à la longue miner leur estime de soi. Il peut également les rendre hésitantes à aborder les personnes qu’elles connaissent réellement, de peur de se tromper, ce qui risque de nuire à leur réseau social et les isoler.

Fait intéressant : les recherches démontrent que les adultes plus âgés sont mieux aptes à reconnaître des visages qu’ils voient pour la première fois s’ils sont souriants. En d’autres termes, il est plus facile pour les personnes âgées de se souvenir d’un visage souriant et de le reconnaître par la suite. Il est probable que celles-ci portent une plus grande attention aux visages qui véhiculent des émotions positives en vue de s’y aligner et ainsi améliorer l’ensemble de leur bien-être.

La perte de vision a des répercussions sur plusieurs aspects importants du réseau social des adultes plus âgés, tant au travail que dans le cadre de leurs autres responsabilités. S’ils n’arrivent plus à accomplir correctement les tâches nécessitant une certaine acuité visuelle au travail, ils peuvent se sentir embarrassés et chercher à s’isoler, causant ainsi encore plus de tort à leur réseau social. 

La vision et la reconnaissance faciale sont essentielles aux fonctions de policier, d’agent des services frontaliers ou de témoin oculaire. Une diminution de la vision et une incapacité à reconnaître un visage pourraient entraver la capacité d’une personne à accomplir son travail et la mener vers une retraite prématurée, ce qui pourrait la dépouiller de son identité et l’isoler.   

La professeure Boutet recommande de passer un examen de la vue régulièrement et de porter ses lunettes d’ordonnance en contexte social. En prenant soin de leurs yeux, les adultes de 55 ans et plus réduisent les risques de se méprendre sur les gens qu’ils connaissent et échappent à un cercle vicieux de confusion, d’embarras et d’isolement.

Personne-ressource pour les médias
Karyne Vienneau
Agente des relations médias
Université d’Ottawa
613-762-2908
karyne.vienneau@uOttawa.ca

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