Une étude révèle que les services post-avortement en Ontario contribuent à la stigmatisation de l'avortement

Publié le jeudi 3 septembre 2015

L'avortement demeure un sujet délicat et exposé à la critique. Selon certaines études, les femmes de l'Ontario ont parfois besoin de parler à quelqu'un après avoir subi un avortement. Une équipe de recherche de l'Université d'Ottawa s'est intéressée aux services de soutien post-avortement offerts dans la province. Après une évaluation des services téléphoniques, l'équipe a constaté que les Crisis pregnancy centres (CPC – centres d'aide aux femmes vivant une grossesse non planifiée) de l'Ontario contribuaient à la stigmatisation actuelle en traitant comme une maladie l'expérience entourant l'avortement.

Les CPC sont les principaux fournisseurs de services de soutien post-avortement annoncés en Ontario. Les méthodes employées par ces organismes pour dissuader les femmes de se faire avorter sont bien documentées, mais personne n'avait encore évalué leurs services de soutien post-avortement. Kathryn J. LaRoche et Dre Angel M. Foster, de la Faculté des sciences de la santé, ont ainsi dirigé une étude dans le but de combler cette lacune.

« Les résultats de notre évaluation sont inquiétants, indique la professeure Angel M. Foster. Les personnes-ressources des CPC en particulier ont insisté auprès de nos clientes sur le fait qu'un seul avortement au premier trimestre entraînerait une dépression, de l'anxiété, des troubles du sommeil et une surconsommation de drogue ou d'alcool. Or, il a déjà été amplement démontré qu'un avortement au premier trimestre ne causait pas de troubles mentaux. »

« Les non-professionnels de ces centres semblent guidés par plusieurs postulats de base : l'avortement est une perte traumatisante; l'avortement nécessite un travail de deuil; l'avortement est suivi d'une période de stress; la « guérison » suite à l'avortement nécessite un long suivi en personne. En fait, aucun de ces postulats n'est démontré scientifiquement ni au Canada ni ailleurs », précise Kathryn J. LaRoche.

L'enquête qualitative client-mystère a ciblé 17 organismes de l'Ontario offrant du soutien post-avortement. L'équipe de recherche a contacté des services d'aide téléphonique (trois laïques et trois associés à une communauté religieuse), un centre de santé sexuelle et dix CPC offrant du soutien téléphonique. Chaque appel commençait par « j'aimerais parler à quelqu'un de mon avortement » et se poursuivait selon une structure préétablie. La langue et le profil de la cliente étaient toujours les mêmes de façon à pouvoir comparer les interactions entre organismes.

Les chercheuses espèrent que cette étude sensibilisera davantage le public à cet enjeu et dirigera les femmes qui cherchent du soutien post-avortement vers des organismes offrant des services impartiaux et non imposés plutôt que vers les CPC. « Notre étude montre que certains organismes ontariens offrent des services de soutien post-avortement de qualité sans porter de jugement. Comme la demande de tels services est bien documentée dans la province, il est primordial d'en faire la promotion et de les faire connaître aux femmes pour qu'elles puissent prendre une décision éclairée sur l'organisme à contacter », indique la professeure Foster.

Pour recevoir une copie de l'étude, publiée dans la revue Contraception, veuillez contacter l'équipe des relations médias.

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Kina Leclair
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