Étudier le bien-être psychologique du personnel hospitalier au Canada pendant la pandémie de COVID-19

Publié le jeudi 8 octobre 2020

À l’Hôpital Montfort, ce n’est pas parmi le corps médical que la COVID-19 a choisi ses premiers cas positifs, mais plutôt parmi le personnel d’entretien.

« Cela m’a mis la puce à l’oreille », explique la Dre Marie-Hélène Chomienne, professeure adjointe au Département de médecine familiale de l’Université d’Ottawa à la tête d’une équipe de recherche multidisciplinaire qui étudie les effets de la pandémie sur le bien-être psychologique du personnel d’entretien des hôpitaux au Canada.

La Dre Marie-Hélène Chomienne avec Paul Shean, membre du personnel de nettoyage de l’Hôpital Montfort

Des membres du personnel de nettoyage des hôpitaux, comme Paul Shean (droite) de l’Hôpital Montfort s’exposent à des risques majeurs et dont le travail est essentiel durant la pandémie de COVID-19. Ils feront part de leurs expériences dans le cadre d’un projet de recherche à l’échelle nationale mené par la Dre Marie-Hélène Chomienne (gauche).

 

« Cela m’a fait apprécier à quel point ces travailleurs sont réellement au front. Leur travail passe souvent inaperçu et pourtant ils ont un rôle si important à jouer pour assurer notre sécurité durant cette pandémie et combattre l’infection. Nous devrions examiner de plus près la façon dont ils composent avec le stress qu’ajoute la COVID-19. »

La Dre Chomienne, qui travaille également comme praticienne clinicienne à l’Hôpital Monfort, souhaite recueillir des données auprès de 10 000 travailleuses et travailleurs de première ligne dans le cadre d’une initiative qui a reçu une subvention de près de 200 000 $ de la part de l’Institut de recherche en santé du Canada (IRSC).

L’étude sera menée à l’aide de questionnaires en ligne mis au point pendant l’épidémie de SRAS, lesquels seront envoyés aux membres du personnel d’entretien des hôpitaux canadiens pour évaluer leurs sentiments d’anxiété, de dépression et de détresse de même que leurs troubles du sommeil. Les participantes et participants seront aussi invités à préciser dans quelle mesure ils se croient à risque de contracter la maladie. De nombreux groupes de discussion en personne sont ensuite prévus (en respectant les mesures de distanciation physique) pour nuancer ces données quantitatives.

« Il faut que la recherche amène un changement transformateur », plaide celle qui fait également de la recherche à l’Institut du Savoir Montfort et au Centre de recherche C.T. Lamont en soins de santé primaires. « Bien que nous puissions approfondir nos connaissances dans le cadre d’une étude et publier de nombreux articles, si l’on n’agit pas pour promouvoir le changement, […] j’estime que notre recherche a alors beaucoup moins d’importance. »

La Dre Chomienne fait partie des six scientifiques de l’Université d’Ottawa ou de ses instituts de recherche affiliés ayant reçu une somme totale de plus d’un million de dollars en financement dans le cadre de la subvention de fonctionnement Synthèse des connaissances : Santé mentale, toxicomanie et COVID-19 du gouvernement fédéral.

 

Pour plus d’informations :
Paul Logothetis
Agent de relations avec les médias
Université d'Ottawa
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