Jackie Dawson de l'Université d'Ottawa reçoit le prix Impact 2020 du CRSH pour sa recherche sur le changement climatique

Publié le lundi 7 décembre 2020

Navire dans l'Arctique

Ce prix récompense les meilleurs chercheurs en sciences humaines au Canada

Enfant, Jackie Dawson a développé une fascination pour les régions polaires, hypnotisée par leur paysage et leur beauté. Sa famille lui a fait découvrir les histoires d'explorateurs polaires comme John Franklin, Roald Amundson et Ernest Shackleton, et une passion est née.

Elle est maintenant titulaire de la Chaire de recherche du Canada en environnement, en société et en politique et professeure au département de géographie de la Faculté des arts de l'Université d'Ottawa. Et elle vient de recevoir le prestigieux prix Impact Connexion 2020 du CRSH pour son travail sur le projet Arctic Corridors and Northern Voices. Ce prix est décerné à une personne ou à une équipe dont le projet a mobilisé le campus et/ou la communauté au sens large, et a généré des impacts intellectuels, culturels, sociaux et/ou économiques.

Dans le cadre de ses travaux, Mme Dawson travaille en étroite collaboration avec les communautés côtières touchées par l'évolution des conditions environnementales et sociales dans le monde entier, dans l'Arctique canadien, en Nouvelle-Zélande, à Svalbard, en Norvège, au Groenland, à Hawaï et dans les Caraïbes.

Tout au long de sa brillante carrière, elle a examiné des enjeux tels  que les éléments humains et politiques du changement climatique, en mettant l'accent sur les océans arctiques et le transport maritime.

Nous avons rencontré la professeure Dawson pour en savoir plus sur elle et sur son projet primé Arctic Corridors.

 

Parlez-nous des Corridors arctiques.

Le projet de recherche sur les corridors arctiques ce sont :

  • 133 participants à la recherche nordique apportant des connaissances locales
  • 14 communautés partenaires
  • Documentation de 81 options de gestion des corridors identifiés par la communauté
  • 1 095 382 kilomètres parcourus par les navires dans l'Arctique canadien en 2018

Notre projet a permis de développer une base de données géospatiale à long terme sur le suivi des navires (de 1990 à aujourd'hui) pour l'Arctique canadien, en documentant les zones marines d'importance culturelle (CSMA) identifiées par les Inuits et en identifiant des stratégies de gestion potentielles pour les couloirs de navigation à faible impact. Il est étonnant, et spécial, de pouvoir travailler à la fois avec les connaissances scientifiques occidentales et le savoir inuit. C'est un honneur de participer à des projets comme celui-ci, qui me laissent constamment stupéfaite. 

 

D'où vient votre intérêt pour l'Arctique ?

Je suis fascinée par les régions polaires depuis mon enfance. Puis, en tant que doctorante, j'ai eu l'occasion de faire des recherches dans l'Arctique et, après cela, j'ai été accroché. Je suis tombée amoureuse des paysages inspirants et de la belle culture et des gens de l'Arctique canadien. Au cours des 15 dernières années, j'ai noué des amitiés merveilleuses avec les habitants des communautés de l'Arctique mondial, que je chéris.

 

Pourquoi étudier l'impact du changement climatique dans le Nord ?

Le climat se réchauffe à un rythme trois fois plus rapide que la moyenne mondiale dans l'Arctique canadien et l'impact de ces changements sera transformationnel et profond. Les changements climatiques dans l'Arctique auront des implications mondiales étendues à l’échelle  macro climatique, ainsi que des conséquences importantes pour le Canada et les populations qui y vivent.

La réduction de la glace de mer a ouvert la région, auparavant inaccessible au transport maritime (y compris le tourisme et le commerce). Il s'agit là d'une opportunité de développement économique passionnante, mais qui nécessite un examen attentif, et qui place les besoins et la culture des populations locales au premier plan. Le passage du Nord-Ouest devrait permettre un transit et un commerce réguliers à l'avenir, ce qui comporte des risques importants pour une région dont l'écosystème est fragile et où le développement est nouveau. Il est essentiel que la recherche soit menée en tenant compte des connaissances locales et inuites pour garantir les meilleurs résultats possible.

 

Ces expéditions de recherche vous plaisent-elles ?

Oui, je les adore, même si ma conjointe et mes enfants me manquent pendant mon absence. C'est une expérience extraordinaire que d'explorer l'Arctique canadien. L’un de mes voyages préférés a été effectué récemment à bord d'un navire qui a traversé le passage du Nord-Ouest.

 

Pouvez-vous nous raconter quelques anecdotes qui se sont produites lors de vos voyages de recherche ?

Il y en a beaucoup ! L'une des choses différentes quand on fait de la recherche dans le Nord, c'est qu'il n'y a généralement pas de banques dans ces communautés, alors, parfois, je finis par y voyager avec plusieurs milliers de dollars dans mon sac à dos. Cela peut paraître étrange, mais il est important d'avoir de l'argent liquide pour payer les traducteurs et les interprètes ainsi que les détenteurs de connaissances.

Une autre chose à propos du travail dans l'Arctique est qu'il faut être patient ! Le brouillard et d'autres conditions climatiques difficiles vous empêchent souvent d'arriver ou de quitter vos sites d'étude quand vous l'aviez prévu. Il y a plusieurs années, j'ai failli manquer le mariage de ma sœur, dont j'étais la demoiselle d'honneur, parce que je suis restée coincée à Pond Inlet pendant 11 jours à cause du brouillard. J'ai passé un très bon moment à Pond Inlet et, heureusement, j'ai pu me rendre au mariage - juste à temps. L'hospitalité des gens du Nord est incroyable.

Et lors d'une visite à Pond Inlet, je me promenais avec mon amie et associée de recherche Natasha Simonee, qui est chasseuse inuite et membre de la communauté, par une belle journée de ciel bleu, quand elle m'a soudainement dit : « Il est temps de rentrer pour le thé, la neige arrive ». J'ai un doctorat sur le changement climatique, et j'ai regardé l'océan et je me suis dit qu'il n'y avait aucune chance qu'il neige de sitôt - c'est tout à fait clair! Bien sûr, dix minutes plus tard, il neigeait. Grâce à sa clairvoyance, nous étions bien à l'intérieur avec la bouilloire qui bouillait.

 

Avez-vous quelque chose à ajouter?

Je suis très honorée de recevoir le prix Impact Connextion 2020 du CRSH pour mon travail. J'adore la recherche transdisciplinaire qui s'intéresse à une situation dans son ensemble. Je m'engage également dans la recherche qui fait une différence pour la société et, par conséquent, je vise à résoudre les problèmes identifiés par les partenaires de projet et à créer de nouvelles connaissances qui peuvent être utilisées par les décideurs de notre pays.

 

Pour en savoir plus sur les prix Impact. Pour découvrir les recherches de la professeure Dawson, visitez le site Arctic Corridors and Northern Voices.

 

Demandes de renseignements:

media@uottawa.ca

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