L’anesthésie rachidienne ou épidurale augmente le taux de survie des patients comparativement à l’anesthésie générale pour les chirurgies de pontage artériel de la jambe

Publié le mercredi 25 novembre 2020

Dr Roberts et Dr McIsaac

Dr Derek Roberts (gauche) et Dr Daniel McIsaac

Une nouvelle étude publiée dans le journal médical The BMJ révèle que les personnes qui subissent une chirurgie sous anesthésie rachidienne ou épidurale pour améliorer la circulation sanguine dans les jambes risquent moins de mourir comparativement à celles qui reçoivent l’anesthésie générale.

L’anesthésie générale est l’utilisation de médicaments pour rendre le patient inconscient et exige l’introduction d’un tube dans la trachée pour l’aider à respirer. L’anesthésie rachidienne et épidurale consiste à bloquer directement la sensation des nerfs de la jambe. Elle peut être combinée à d’autres formes légères de sédation qui ne nécessitent pas d’intubation.

L’étude, la plus importante du genre, porte sur les dossiers médicaux de  20 988 Ontariens ayant subi une chirurgie de pontage des artères de la jambe entre 2002 et 2015. Environ deux tiers des chirurgies ont été réalisés sous anesthésie générale et un tiers sous anesthésie rachidienne ou épidurale.

Les chercheurs ont découvert que 646 des patients ayant reçu une anesthésie générale (4,4 %) étaient décédés dans les 30 jours après leur chirurgie comparativement à 204 des patients ayant reçu une anesthésie rachidienne ou épidurale (3,2 %). Les résultats demeurent valides après un rajustement pour tenir compte d’autres différences entre les deux groupes comme le degré de maladie des patients avant la chirurgie.

« Nous estimons que cette découverte pourrait permettre de sauver la vie d’au moins 100 patients qui subissent un pontage artériel de la jambe chaque année au Canada et aux États-Unis, » affirme le Dr Derek Roberts, auteur, chirurgien vasculaire et endovasculaire à L’Hôpital d’Ottawa et professeur adjoint à l’Université d’Ottawa. « Nous espérons mener un essai clinique contrôlé randomisé afin de confirmer ces résultats. Mais en attendant, nos résultats suggèrent que nous devrions privilégier davantage l’anesthésie rachidienne ou épidurale pour ce type de chirurgie. »

« Nous avons été étonnés d’apprendre que certains hôpitaux font ce type de chirurgie sous anesthésie rachidienne ou épidurale plus de 90 % du temps et d’autres hôpitaux moins de 1 % du temps, » souligne pour sa part le Dr Daniel McIsaac, auteur de l’article, scientifique adjoint et anesthésiologiste à L’Hôpital d’Ottawa, professeur agrégé à l’Université d’Ottawa et scientifique associé à l’ICES. « Nous espérons que cette étude aidera les patients et les médecins à prendre des décisions plus éclairées sur le meilleur choix d’anesthésie pour chaque patient. »

L’étude révèle aussi  que les patients qui avaient reçu une anesthésie rachidienne ou épidurale pouvaient quitter l’hôpital une demi-journée plus tôt que ceux qui avaient reçu l’anesthésie générale.

Par ailleurs, les chercheurs estiment que si on effectuait tous les pontages artériels de jambe sous anesthésie rachidienne ou épidurale, on économiserait chaque année 50 millions de dollars en frais  de soins de santé au Canada. En Ontario, la grande majorité de ces chirurgies sont pratiquées dans des centres spécialisés qui peuvent facilement utiliser l’anesthésie rachidienne ou épidurale.

Près de 20 000 personnes subissent un pontage artériel de la jambe au Canada et aux États-Unis chaque année.

Référence : Association between neuraxial anaesthesia or general anaesthesia for lower limb revascularisation surgery in adults and clinical outcomes: population based comparative effectiveness study. Derek J Roberts, Sudhir K Nagpal, Dalibor Kubelik, Timothy Brandys, Henry T Stelfox, Manoj M Lalu, Alan J Forster, Colin JL McCartney, Daniel I McIsaac. The BMJ. November 25, 2020. https://www.bmj.com/content/371/bmj.m4104

Financement : Cette étude a été rendue possible grâce au soutien de la Fondation de l’Hôpital d’Ottawa, du Département de chirurgie et du Département d’anesthésiologie et de médecine de la douleur de L’Hôpital d’Ottawa, de la Société canadienne des anesthésiologistes, de l’Université d’Ottawa et de l’ICES (qui bénéficie du soutien du ministère de la Santé de l’Ontario).

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