L'histoire peu connue de la communauté LGBTQ

Publié le jeudi 20 juin 2019

photo de l'organisation des lesbiennes de Toronto

Les Canadiens en savent très peu sur l'histoire et les héros de la communauté LGBTQ, même si la libération des gais était un mouvement militant, radical et courageux, ce dernier est à risque d’être oublié.

Dirigé par Constance Crompton du Humanities Data Lab de l'Université d'Ottawa et Michelle Schwartz du Centre for Digital Humanities de l'Université Ryerson, le projet The Lesbian and Gay Liberation in Canada (LGLC), disponible en anglais seulement, trace le mouvement de libération des gais et lesbiennes au Canada. 

Le LGLC est un outil en ligne qui permet à tous les Canadiens de se renseigner sur les événements qui ont mené à la libération de la communauté LGBTQ au Canada, des premiers groupes homophiles en 1964 allant jusqu’au début de la crise du sida en 1981.

Le portail en ligne comprend plus de 34 000 documents d’archives d’individus, de lieux et d'événements. On y retrouve également certains aspects plus sociaux de l'histoire des LGBTQ, comme la lecture de poèmes, les protestations, les changements législatifs et le lancement de livres. On y souligne également le fait que le mouvement de libération des homosexuels n'a pas seulement eu lieu dans les centres urbains. La base de données en ligne contient 350 villes, 900 emplacements et 3 430 personnes. Le nouveau site permet aux lecteurs de tracer leur propre chemin à travers le mouvement, en découvrant les histoires d'une personne, d'une ville, d'une organisation ou d'une année particulière.

Histoires à retenir

  • En 1965, Everett George Klippert a été accusé à plusieurs reprises d'avoir commis des actes grossiers d'indécence non violente avec des hommes adultes consentants en privé. Il a par la suite été condamné pour une durée indéterminée en tant que délinquant sexuel dangereux. Son cas a amené le ministre de la Justice de l'époque, Pierre Trudeau, à modifier le Code criminel en 1969, ce qui a mené à la libération conditionnelle d'Everett deux ans plus tard.
  • L'Unité des enquêtes spéciales des Forces armées canadiennes a confronté la soldate Barbara Thornborrow à des allégations de lesbianisme. On lui a dit qu'il s'agissait d'une question de sécurité nationale parce que le lesbianisme la rendrait "susceptible au chantage". Après avoir admis qu'elle était lesbienne, on lui a donné le choix entre une consultation psychiatrique ou la signature d'un formulaire qui confirmeraient son lesbianisme et lui permettraient de quitter les Forces. Elle a été libérée honorablement des Forces armées canadiennes, à compter du 24 juin 1977, pour avoir été une "déviante sexuelle" qui n'était "pas avantageusement employable". À la suite de cette décision, le soldat de deuxième classe Thornborrow a rendu publique son histoire et donné de nombreuses entrevues à la radio, à la télévision et dans les journaux partout au Canada. Elle a également interjeté appel de son expulsion auprès du chef d'état-major de la Défense à Ottawa, mais sans succès.
  • Le 1er juillet 1981, Don Cormier planifiait un pique-nique pour la communauté gaie de Moncton. Craignant un afflux d'homosexuels dans la ville, le conseil municipal de Moncton a adopté un amendement au règlement municipal interdisant aux groupes organisés de plus de quarante personnes de se réunir dans le parc Centennial, où le pique-nique devait avoir lieu. Malgré cela, une centaine d'homosexuels et de lesbiennes ont assisté au pique-nique, sous haute surveillance policière.

Les histoires trouvées sur le portail du LGLC nous rappellent que les militants LGBTQ canadiens étaient au centre de nombreuses luttes pour les droits de la personne, ainsi que d'histoires moins connues, mais non moins importantes.

Pour plus d’information :

Karyne Vienneau
Agente des relations avec les médias
Université d’Ottawa
613 762-2908
karyne.vienneau@uottawa.ca

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