L’impact de la maladie inflammatoire chronique de l’intestin sur la santé mentale post-partum

Publié le jeudi 10 janvier 2019

femme enceinte caressant son ventre

 

Une étude paraissant aujourd’hui dans la revue Gut révèle que les femmes atteintes de la maladie inflammatoire chronique de l’intestin (MICI) courent un risque plus élevé que le reste de la population de souffrir d’une maladie mentale après avoir donné naissance.

Les auteurs de l’étude ont constaté que chez les femmes enceintes souffrant de MICI, plus d’une sur cinq recevait un nouveau diagnostic de maladie mentale. Sur 43 grossesses, on compte un cas supplémentaire de maladie mentale touchant une femme avec MICI, par rapport aux autres femmes. Les auteurs de l’étude ont analysé les données sur les soins de santé concernant les femmes ayant donné naissance entre 2002 et 2014 en Ontario, au Canada. Ils ont ainsi cherché à déterminer la fréquence au sein de cette population de nouveaux diagnostics de maladie mentale pendant la grossesse et jusqu’à un an après l’accouchement.

La maladie inflammatoire chronique de l’intestin, ou MICI, désigne un groupe de troubles gastro-intestinaux causant ulcération, inflammation et saignements au niveau du tube digestif et pouvant entraîner des complications dans d’autres parties du corps. Les deux principaux sous-types en sont la maladie de Crohn et la colite ulcéreuse. Les personnes souffrant de MICI présentent un risque accru de maladie mentale, en particulier d’anxiété et de dépression, potentiellement lié aux répercussions sur le cerveau de l’inflammation intestinale.

« On est de plus en plus sensibilisés à la maladie mentale chez les femmes durant la grossesse et la période du post-partum », explique le Dr Eric Benchimol, principal auteur de l’étude, qui est chercheur principal à l’Institut de recherche du CHEO, scientifique en chef à l’ICES, professeur adjoint de pédiatrie et d’épidémiologie à l’Université d’Ottawa et gastro-entérologue pédiatrique au Centre sur la maladie inflammatoire chronique de l’intestin du CHEO. « En raison du risque accru de maladie mentale chez les personnes souffrant de MICI, nous avons jugé important de déterminer si les femmes qui en sont atteintes présentaient un risque plus élevé que le reste de la population de développer une nouvelle maladie mentale au cours de la grossesse et après l’accouchement. Nous avons relevé un risque accru pendant la période du post-partum chez les femmes souffrant de MICI, en particulier pendant les 90 jours suivant l’accouchement. En revanche, nous n’avons constaté aucune augmentation de ce risque pendant la grossesse. »

Au sein de la population étudiée, les femmes enceintes avec MICI présentaient un plus grand risque de souffrir d’une nouvelle maladie mentale pendant le post-partum que les femmes sans MICI, soit 22,7 % contre 20,4 %. Le risque accru pour ces femmes concerne deux catégories de diagnostics sur quatre : troubles de l’humeur (tels qu’anxiété et dépression) et troubles liés à la consommation d’une substance (dépendance aux opioïdes, par exemple). Ces femmes ont majoritairement été traitées en tant que patientes externes et n’ont pas eu besoin d’hospitalisation. Aucune augmentation n’a été constatée quant au risque de troubles psychotiques (tels que la schizophrénie ou les hallucinations).

L’augmentation du risque a été relevée chez les femmes souffrant de la maladie de Crohn, mais pas de la colite ulcéreuse.

« Les femmes souffrant de MICI présentent un risque faible, mais considérablement plus élevé que chez les autres femmes, quant à l’apparition d’une nouvelle maladie mentale », dit la Dre Simone Vigod, auteure principale de l’étude, qui est chercheuse à l’Institut de recherche du Women’s College Hospital, directrice du service de psychiatrie du Women’s College Hospital et scientifique adjointe à l’ICES. « Les femmes avec MICI sont aux prises avec des problèmes de santé accrus pendant la grossesse et après avoir donné naissance, et ces problèmes ne sont pas que physiques. Nous devons prendre en compte les besoins des femmes en matière à la fois de santé physique et de santé mentale, afin de veiller à ce qu’elles reçoivent le meilleur traitement possible et tout le soutien nécessaire. »

« Les conclusions de cette étude sont très importantes pour les gens souffrant de MICI », selon Crohn et Colite Canada. « En sachant qu’elle est à risque de maladie mentale, une femme souffrant de MICI pourra en discuter avec ses professionnels de la santé. Il est aussi important que ces derniers aient conscience du risque. De concert avec les patientes, ils pourront ainsi chercher des moyens de prévenir la maladie mentale pendant la grossesse et après l’accouchement, ainsi que de la dépister et de la traiter plus rapidement. »

Lire l’article complet et de la documentation supplémentaire.

Pour de plus amples informations, ou céduler une entrevue, veuillez communiquer avec:

Isabelle Mailloux Pulkinghorn

imaillou@uottawa.ca

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