Moins d’intimidation à l’école pendant la pandémie, selon une étude

Publié le jeudi 8 juillet 2021

Des jeunes qui sont à l'extérieur d'une école et qui portent un masque

Si la pandémie de COVID-19 a perturbé le quotidien des élèves durant l’année scolaire 2020-2021, elle a également eu quelques effets bénéfiques selon une étude de l’Université d’Ottawa, notamment la diminution de l’intimidation à l’école.

Les résultats de cette étude menée auprès de 6 578 élèves ontariens de la 4e à la 12e année ont révélé qu’il y a eu plus de signalements de cas d’intimidation de toute sorte (générale, physique, verbale et sociale) avant la pandémie que pendant. Seule exception : la cyberintimidation, pour laquelle la différence entre les taux est moins marquée.

L’étude a également permis de confirmer ces tendances déjà connues :

  • Les filles sont plus susceptibles que les garçons de signaler qu’elles sont victimes d’intimidation. 
  • Les garçons sont plus susceptibles que les filles de rapporter qu’ils intimident.
  • Les élèves du primaire rapportent plus d’intimidation que les élèves du secondaire. 
  • Les élèves aux identités de genre diverses et LGBTQ+ rapportent plus souvent être victimes d’intimidation que les élèves de genre binaire ou hétérosexuels. 

Pour en savoir plus, nous avons discuté avec la professeure Tracy Vaillancourt, titulaire de la Chaire de recherche du Canada de niveau 1 en santé mentale et en prévention de la violence en milieu scolaire à l’Université d’Ottawa, et auteure principale de l’article « School Bullying Before and During COVID-19: Results from a Population-Based Randomized Design », publié dans la revue Aggressive Behavior.

Avez-vous été étonnée de découvrir une diminution de l’intimidation pendant la pandémie?

« Nous n’avons pas été étonnés par les résultats, mais plutôt par leur ampleur. Nous ne nous attendions pas à une si grande différence entre les taux de prévalence avant et pendant la pandémie.

Il est important de souligner que nous nous sommes intéressés aux élèves ontariens seulement, et que l’étude a eu lieu au début de l’année scolaire, alors que les écoles étaient toujours ouvertes. L’idéal serait de voir comment les taux se comparent à ceux d’autres provinces. »

 Pourcentage d’élèves concernés par l’intimidation avant et pendant la pandémie de COVID-19.

Pourcentage d’élèves concernés par l’intimidation avant et pendant la pandémie de COVID-19. Image : Université d’Ottawa

Comment expliquez-vous ces résultats?

« Les mesures mises en place pour réduire la transmission de la COVID-19 et l’augmentation de l’apprentissage virtuel ont vraisemblablement eu une incidence sur l’intimidation. Les élèves ontariens ont évolué en plus petites cohortes, ont eu moins d’interactions et ont été davantage supervisés. Ils ont également eu moins d’échanges avec leurs pairs à l’extérieur de l’école, ce qui a peut-être contribué à la réduction des taux. En d’autres termes, les élèves ont eu moins d’occasions d’intimider et d’être victimes d’intimidation. »

L’étude démontre toutefois une différence moins prononcée entre les taux de cyberintimidation. Pourquoi?

« Je crois que la différence est moins prononcée en ce qui concerne la cyberintimidation parce que la plupart des interactions ont eu lieu en ligne. Il reste tout de même que les taux se sont révélés moins élevés pendant la pandémie qu’avant. La cyberintimidation découle souvent des autres formes d’intimidation. Si ces dernières diminuent, la première devrait diminuer aussi. »

Quelles leçons pouvons-nous tirer de cette étude? Comment peut-on continuer d'éviter l’intimidation à l’école?

« Idéalement, on investirait davantage dans la supervision des élèves – et je ne veux pas dire par là qu’il faut plus de caméras ou de présence policière dans les écoles. Je veux dire plus d’adultes disponibles pour superviser lors des pauses, des récréations et des déplacements entre les salles de classe.

L’intimidation cause de graves torts aux victimes; nous devons vraiment en prioriser la réduction. Notre prochaine étude examinera le vécu des éducateurs et éducatrices, qui m’ont confié n’avoir jamais été aussi mal traités de toute leur carrière. J’ai l’impression que dans leur cas, nous verrons une tendance inverse à celle des élèves. »
 

Pour plus d’information :
Justine Boutet
Agente de relations médias
Université d’Ottawa
Cellulaire : 613-762-2908
justine.boutet@uOttawa.ca

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