Une nouvelle étude révèle l'opinion des femmes sur la police d'Ottawa

Publié le mercredi 4 novembre 2015

Selon une nouvelle étude, les policiers du Service de police d'Ottawa agissent parfois avec compassion et respect lors des interventions en réponse à des signalements de violence masculine, mais il arrive également que les femmes se sentent blâmées et diminuées, ou qu'elles soient laissées dans des situations dangereuses.

La professeure Holly Johnson de la Faculté des sciences sociales de l'Université d'Ottawa a mené une étude auprès de plus de 200 femmes. Cet exercice visant à recueillir les points de vue et les expériences de ces dernières s'inscrit dans les efforts déployés par le Service de police d'Ottawa pour améliorer les interventions dans le cadre de crimes violents contre des femmes.

De nombreuses femmes ont exprimé leur réticence à recourir à la police après une agression sexuelle ou un épisode de violence conjugale en raison de la honte qu'elles ressentent et de la crainte de ne pas être traitées convenablement par la police ou de voir leur situation s'aggraver. Dans certains cas, ces inquiétudes sont justifiées.

De fait, lorsque l'intervention policière ne se solde pas par une accusation, les femmes sont souvent accusées d'avoir fabriqué la plainte. Ainsi, elles sont nombreuses à renoncer à faire appel à la police de nouveau. Or, cette perte de confiance en la police pourrait accroître la vulnérabilité de ces dernières et peut-être aussi celle d'autres femmes.

Selon la professeure Holly Johnson, cette étude offre aux femmes d'Ottawa une rare occasion d'exercer une influence directe sur les politiques et les pratiques policières liées aux crimes qui les affectent au premier chef : « Ces femmes espèrent que le Service de police d'Ottawa prenne les résultats au sérieux et apporte les changements nécessaires pour que toutes les femmes sans exception reçoivent une aide professionnelle de la part des policiers ».

Quelques faits

  • Seulement une légère majorité des victimes d'agression par un partenaire ont donné une bonne note à la police. L'évaluation donnée par les victimes d'agression sexuelle était moins positive.
  • Les policiers ont porté des accusations dans la moitié des cas d'agression sexuelle par un partenaire, tous types de cas confondus – plus souvent dans les cas d'agression grave, et moins, dans les cas de menaces ou de violation d'une ordonnance du tribunal. Des accusations ont été portées dans seulement un cas d'agression sexuelle sur cinq.
  • Les attitudes nuisibles tenant les femmes responsables de la violence et le préjugé voulant que les femmes fabriquent les plaintes conditionnent les gestes de certains membres du Service de police d'Ottawa.

Cette étude, menée par la professeure Holly Johnson de l'Université d'Ottawa, a été réalisée de façon indépendante sans le concours du Service de police d'Ottawa et des services sociaux locaux.

Le sommaire des résultats de l'étude sera rendu public à l'occasion du lancement de la campagne Pleine lumière (Shine the Light)

Personne-ressource pour les médias

Néomie Duval
Gestionnaire, Relations avec les médias

Mila Roy
Agente des relations médias
Université d'Ottawa

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