La pandémie perturbe fortement le sommeil, faisant ainsi augmenter le stress et l’usage de médicaments

Publié le mardi 15 décembre 2020

Une femme assise sur son lit dans l'obscurité

La pandémie de COVID-19 a affecté le sommeil de la moitié des personnes sondées, ce qui fait craindre d’éventuels problèmes de santé mentale et d’insomnie à long terme

La pandémie de COVID-19 a des conséquences graves sur les habitudes de sommeil de la moitié des personnes sondées dans le cadre d’une nouvelle étude de l’hôpital Royal et de l’Université d’Ottawa. S’ensuivent une augmentation du stress et de l’anxiété ainsi qu’une dépendance accrue aux somnifères.

Les effets de la pandémie sur notre quotidien se font sentir jusque dans le lit selon l’étude Profiles of sleep changes during the COVID‐19 pandemic: Demographic, behavioural and psychological factors menée par la chercheuse principale Rébecca Robillard, professeure adjointe qui codirige le laboratoire du sommeil de l’École de psychologie à l’Université d’Ottawa, et chercheuse principale à l’Unité de recherche clinique sur le sommeil à l’Institut de recherche en santé mentale (IRSM) du Royal, et publiée dans la revue Journal of Sleep Research.

La professeure Robillard, avec son équipe composée d’une vingtaine de scientifiques de partout en Amérique du Nord, a réalisé un sondage en ligne auprès de 5 525 Canadiennes et Canadiens au début de la pandémie de COVID-19. Elle nous explique quelques-uns des plus importants résultats de cette étude.

Rébecca Robillard

Chercheuse principale Rébecca Robillard

Quelles sont les conséquences de la pandémie sur notre sommeil?

RR : « Entre autres effets sur le sommeil, la pandémie a entraîné une augmentation marquée des troubles du sommeil cliniquement significatifs. La moitié des personnes participantes présentent des signes de troubles du sommeil graves en cette période de pandémie. Plus précisément, nous avons dégagé trois types de changements : certaines personnes dorment plus, certaines s’endorment et se réveillent plus tard, et d’autres dorment moins qu’avant. »

En quoi ce changement significatif dans les habitudes de sommeil perturbe-t-il le quotidien des gens?

« La modification des comportements liés au sommeil a eu des répercussions non seulement sur la qualité et la quantité de sommeil des gens, mais aussi sur leur réaction psychologique à cette situation inédite. Comparativement aux personnes qui dorment plus, celles qui s’endorment plus tard ou dorment moins présentent davantage de symptômes d’insomnie ainsi qu’une aggravation des symptômes de stress, d’anxiété et de dépression. »

graphique de l'étude

Avez-vous relevé des facteurs favorisant cette perturbation des habitudes de sommeil?

« Oui. Ces nouveaux troubles du sommeil semblent affecter de manière disproportionnée les femmes, les gens qui ont des familles et des responsabilités familiales, les personnes qui ont un emploi et celles qui souffrent d’une maladie chronique. Nous avons également observé un impact sur les personnes qui se réveillent plus tôt, qui ont un niveau de stress plus élevé, qui consomment plus d’alcool, et qui passent beaucoup de temps devant l’écran de télévision. »  

Comment les gens s’adaptent-ils?

« Nous avons constaté une augmentation de l’usage de somnifères pendant la pandémie. Compte tenu des risques connus de développement d’une tolérance à ce genre de médicaments, on pourrait voir bondir plus tard le nombre de cas d’insomnie chronique complexes. »

Quel constat général peut-on tirer des habitudes de sommeil des gens pendant la pandémie?

« Vu l’ampleur des changements, il faut assurer des interventions plus accessibles, mais aussi adaptées face aux troubles du sommeil. La situation actuelle a forcément des conséquences sur le sommeil et la santé mentale, mais nous ne nous attendions pas à ce qu’elles soient si graves. Il est important de nous pencher sur ce phénomène exceptionnel. »

graphique de l'étude

Comment les gens peuvent-ils améliorer leur sommeil, même pendant la pandémie?

« Il y a des routines simples que vous pouvez faire pour vous assurer une meilleure nuit de sommeil :

  • Levez-vous chaque matin à la même heure (même pendant le week-end). Même si vous vous endormez très tard, vous devriez quand même vous lever à la même heure chaque matin;
  • Développez des rituels de détente avant le sommeil comme lire, prendre un bain, etc.
  • Évitez de consommer de la caféine et de l'alcool dans les six heures qui précèdent l’heure du coucher et ne fumez pas avant d’aller au lit;
  • Faites de l'exercice régulièrement. Faites des exercices vigoureux comme du jogging le matin ou l'après-midi. Faites des exercices légers, comme la marche, deux à trois heures avant de vous coucher.

« Si l'anxiété ou le stress affecte votre sommeil, la méditation, l'exercice, l’écriture d'un journal ou avoir une discussion avec une personne de confiance peuvent vous aider. Le site web du Royal propose plusieurs conseils pour faire face à la pandémie : https://www.leroyal.ca/ladaptation-pendant-la-pandemie-de-covid-19. »


L’étude Profiles of sleep changes during the COVID‐19 pandemic: Demographic, behavioural and psychological factorsest publiée dans la revue Journal of Sleep Research et menée par : Rébecca Robillard, PhD, en collaboration avec : Tetyana Kendzerska, MD, PhD; Mysa Saad, MSc; Jodi Edwards, PhD; Elizaveta Solomonova, PhD; Marie-Helene Pennestri, PhD; Raj Bhatla, MD, FRCPC, DABPN; Roger Godbout, PhD; Zachary Kaminsky, PhD; Addo Boafo, MD; Richard H. Swartz, MD, PhD; Janet Jeffrey, RN, PhD; Jennifer Phillips, PhD; Edward Spilg, MBChB, MSc, FRCP; Mamta Gautam, MD, MBA, FRCPC, CCPE, CPE; Cynda Rushton, PhD, RN, FAAN; Denis Lafortune, PhD; Lena Quilty, PhD, CPsych; Alexander Daros, PhD, CPsych; et Wendy Gifford, PhD, RN.

L'étude originale intitulée « Comment vous adaptez-vous? Évaluation des impacts psychologiques, sociaux et économiques d'une pandémie en émergence » est disponible ici.

Pour les demandes médias :

Université d’Ottawa
Paul Logothetis
Agent de relations média
Cellulaire : 613.863.7221
 
Le Royal
Karen Monaghan
Directrice de communications
Cellulaire : 613.868.3740
karen.monaghan@theroyal.ca
Haut de page