Un rapport propose des moyens d’accroître la diversité chez les fournisseurs gouvernementaux

Publié le lundi 23 juillet 2018

Femmes qui travaillent ensemble

La professeure Barbara Orser et une équipe de chercheurs de l’École de gestion Telfer de l’Université d’Ottawa se sont intéressés à la diversité au sein des petites et moyennes entreprises (PME) qui fournissent des services au gouvernement du Canada. Réalisé en collaboration avec Services publics et Approvisionnement Canada, le rapport Benchmarking SMEs as Suppliers to the Government of Canada: Inclusion, Innovation and International Trade offre au gouvernement un guide pour accroître la diversité de ses fournisseurs propriétaires de PME.

La professeure Barbara Orser

« Il s’agit de la première étude qui examine à la fois le sexe des propriétaires de l’entreprise, l’étendue et le type d’innovation proposée, et les PME qui fournissent des services au gouvernement fédéral », déclare la professeure. « Bien qu’en général il y ait une sous-représentation des entreprises appartenant à des femmes au sein de certains secteurs, ce n’était pas le cas partout. Comparativement aux PME qui ne fournissent pas de services au gouvernement du Canada, les PME qui le font sont plus innovantes. »

L’étude a abordé trois sujets centraux, circonscrits par des recherches antérieures menées par l’École Telfer :

  • À quel point le sexe des propriétaires d’entreprise a-t-il une incidence sur les chances d’obtenir un contrat auprès du gouvernement du Canada?
  • À quel point le fait d’être fournisseur pour le gouvernement a-t-il à voir avec la capacité d’une PME à innover, exporter et croître?  
  • Du point de vue des différentes catégories de PME qui offrent leurs services au gouvernement fédéral, quels sont les principaux obstacles à l’obtention de contrats?

Le rapport a révélé que la majorité des PME appartenant à des femmes ont moins de chances d’obtenir un contrat auprès du gouvernement; elles représentent en effet moins de 10 % des PME. L’écart de genre varie cependant d’un secteur à l’autre et dans certains d’entre eux, il est inexistant.

Les auteurs du rapport proposent dix stratégies pour accroître la représentation des entreprises appartenant à des femmes comme fournisseurs de services du gouvernement.

Ils suggèrent entre autres l’élaboration de stratégies propres à chaque secteur pour aider le gouvernement fédéral à respecter son engagement visant à améliorer le taux de participation des entreprises appartenant à des femmes qui fournissent des services au gouvernement, pour le faire passer de 10 % à 15 %. Ils proposent aussi de réviser les critères d’admissibilité aux programmes fédéraux d’appui à l’innovation afin d’inclure des provisions pour les entreprises appartenant à des femmes.

Ils recommandent également au gouvernement d’adopter les critères des Nations Unies pour définir la notion d’entreprise appartenant à des femmes. Ces critères sont nécessaires pour évaluer l’admissibilité aux programmes, mettre en place des mesures de comparaison et réduire les risques d’ententes factices et purement symboliques, de fraude, de confusion des marchés et de pseudo-inclusion et diversité.

Le rapport met en évidence le besoin pour le gouvernement fédéral d’intégrer une formation en approvisionnement qui tienne compte du genre, tant pour ses agents d’approvisionnement que pour les conseillers des services d’appui aux entreprises et à l’innovation financés par le gouvernement. Cette formation gagnerait à être conçue et donnée en collaboration avec des organismes comme le Canadian Aboriginal and Minority Supplier Council (CAMSC) et la Women’s Enterprise Organizations of Canada (WEOC).

Les chercheurs ont également observé des différences liées au genre dans les types d’innovation, pour chaque secteur. Comparativement aux PME appartenant à des hommes, la majorité des PME appartenant à des femmes génèrent moins d’innovation dans les secteurs des services professionnels, scientifiques et techniques du gouvernement. Des programmes pour appuyer l’innovation dans le marketing, les processus et l’organisation des secteurs des services devraient venir s’ajouter à ceux qui existent déjà dans les secteurs de l’innovation militaire et technologique.  

Enfin, le rapport révèle que le gouvernement fédéral aurait avantage à miser sur des procédures d’évaluation des statistiques d’approvisionnement plus performantes pour informer les décideurs sur l’équilibre à trouver entre l’attribution rapide et efficace de contrats à des fournisseurs et le mandat fédéral d’accroître la diversité au sein des PME. Ces évaluations permettraient également de s’assurer que les PME canadiennes profitent des contrats avec le gouvernement du Canada. 

« Services publics et Approvisionnement Canada est heureux d’avoir collaboré à cette étude avec l’École de gestion Telfer de l’Université d’Ottawa. En tant que l’un des plus importants acheteurs de biens et de services au Canada, nous visons toujours à accroître la participation et la diversité des petites et moyennes entreprises aux processus d’approvisionnement du gouvernement fédéral. Cette étude présente de précieuses indications et recommandations que nous pourrons étudier, » déclare Arianne Reza, Sous-ministre adjointe, Approvisionnement Services publics et Approvisionnement Canada.

La prochaine étape de la recherche misera sur les stratégies pour améliorer davantage les écosystèmes entrepreneuriaux des PME canadiennes, comme les entreprises appartenant à des femmes ou à des Autochtones, et examinera le rôle que doit jouer le gouvernement canadien pour favoriser l’innovation et la croissance des entreprises.

Consultez les dix stratégies

Personne-ressource pour les médias
Karyne Vienneau
Agente de relations avec les médias
Université d’Ottawa
613-762-2908
karyne.vienneau@uOttawa.ca

 

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