La sepsie coûte au système de santé ontarien 1 G$ par an

Publié le lundi 22 février 2021

Selon une étude dirigée par des chercheurs de L’Hôpital d’Ottawa, de l’Université d’Ottawa et de l’Institute for Clinical Evaluative Sciences (ICES) et publiée dans le Critical Care Medicine, la sepsie grave est associée à une hausse de la mortalité, des réadmissions à l’hôpital et des coûts des soins de santé. Les chercheurs estiment ces coûts à 1 G$ en Ontario.

La sepsie se manifeste lorsque le système immunitaire réagit de façon exagérée à une infection et déclenche une inflammation dans tout le corps. Lorsqu’elle est sévère, elle entraîne une défaillance des organes. La sepsie est reconnue comme une priorité sanitaire mondiale et touche des millions de personnes dans le monde chaque année. Elle est l’une des causes principales de décès chez les patients atteints de la COVID-19.

Dre Kednapa Thavorn

« La sepsie impose un énorme fardeau aux patients, et ses effets peuvent se prolonger durant des mois voire des années. Notre étude permet de mieux connaître les coûts véritables de la sepsie sur les soins de santé au Canada. » -Kednapa Thavorn, Ph.D., professeure adjointe dans la Faculté de medicine

« La sepsie impose un énorme fardeau aux patients, et ses effets peuvent se prolonger durant des mois voire des années », affirme l’auteure principale de l’étude, Kednapa Thavorn, Ph.D., scientifique principale à L’Hôpital d’Ottawa, professeure adjointe à l’Université d’Ottawa et scientifique associée à l’ICES. « Notre étude permet de mieux connaître les coûts véritables de la sepsie sur les soins de santé au Canada. »

Se basant sur les données de l’Ontario conservées à l’ICES, les chercheurs ont effectué une étude comparative de 200 000 patients atteints de sepsie admis à l’hôpital entre avril 2012 et mars 2016 et des patients hospitalisés similaires sans sepsie. Environ le tiers des 200 000 patients atteints de sepsie présentait une forme sévère de la maladie accompagnée d’un dysfonctionnement des organes.

L’équipe de recherche a comparé les taux de décès, la durée du séjour à l’hôpital, les réadmissions à l’hôpital et les coûts des soins de santé entre ces groupes. Les patients ont été suivis pendant deux ans en moyenne, jusqu’à un maximum de cinq ans.

Selon les résultats de l’équipe, les patients atteints de sepsie grave avaient des taux de décès plus élevés que les patients similaires sans sepsie, soit de plus de 66 % durant la période étudiée. La sepsie était également associée à des séjours prolongés à l’hôpital et à un risque accru de réadmission.

Les coûts des soins de santé étaient beaucoup plus élevés pour les patients atteints de sepsie. Comparativement aux patients sans sepsie, les coûts des soins de santé durant l’année qui suit l’admission à l’hôpital s’élevaient à 9 475 $ de plus pour un patient atteint de sepsie et à 29 238 $ de plus pour un patient atteint de sepsie sévère. Tous les coûts étaient calculés en dollars canadiens de 2018.

« L’article souligne le besoin d’améliorer l’identification précoce des patients à risque de sepsie et les stratégies pour surveiller et traiter les survivants de la sepsie afin de réduire l’énorme fardeau sur la santé et l’économie », affirme la Dre Alison Fox-Robichaud, directrice scientifique à Sepsie Canada. « Investir dans la recherche sur la sepsie en Ontario pourrait avoir une incidence majeure sur cette maladie dévastatrice. »
 


RéférenceSepsis-Associated Mortality, Resource Use, and Healthcare Costs: A Propensity-Matched Cohort Study. Kelly Farrah, Lauralyn McIntyre, Christopher J. Doig, Robert Talarico, Monica Taljaard, Murray Krahn, Dean Fergusson, Alan J. Forster, Doug Coyle, Kednapa Thavorn. Critical Care Medicine. Dec 17, 2020. DOI: 10.1097/CCM.0000000000004777

Sources des données : ICES, ministère de la Santé et des Soins de longue durée, Action Cancer Ontario, Institut canadien d’information sur la santé.

Financement : L’étude a été financée par le Fonds pour l’innovation de l’Association médicale universitaire de L’Hôpital d’Ottawa. Elle a aussi reçu le soutien de l’ICES, qui est financé par le ministère de la Santé et des Soins de longue durée. La recherche à L’Hôpital d’Ottawa est possible grâce aux généreux dons de la collectivité à la Fondation de l’Hôpital d’Ottawa.


Personne ressource pour les médias :
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Spécialiste principale des communications
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Paul Logothetis
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