Dans son élément : par la chimie, Alison Flynn enseigne des compétences d’apprentissage utiles à vie

Publié le jeudi 18 février 2021

Photo d'Alison Flynn

Une professeure de l’Université d’Ottawa reçoit une récompense prestigieuse pour son travail en enseignement de la chimie

« L’éducation est l’arme la plus puissante que l’on puisse utiliser pour changer le monde. » Cette citation de Nelson Mandela, Alison Flynn la met en pratique tous les jours.

La professeure agrégée du Département de chimie et de sciences biomoléculaires de l’Université d’Ottawa dirige le Flynn Research Group, une équipe de chercheurs et chercheuses qui étudient la pédagogie de l’enseignement postsecondaire, en chimie et dans d’autres disciplines. Ils appliquent leurs résultats de recherche à la création d’outils (des ressources éducatives libres, par exemple) pour autonomiser et mieux outiller les apprenants et apprenantes.

Le travail d’Alison Flynn dans le domaine de l’éducation en chimie, lequel regroupe tous les aspects de l’enseignement et de l’apprentissage de la chimie, n’est pas passé inaperçu.

Tout récemment, elle a reçu le prix 2021 de l’Institut de chimie du Canada pour l’éducation en chimie, une récompense décernée à une personne ayant contribué de manière exceptionnelle à l’éducation postsecondaire dans le domaine de la chimie ou du génie chimique au Canada. La lauréate a accepté de répondre à nos questions.

1- Qu’est-ce que cela signifie pour vous de recevoir le prix 2021 de l’Institut de chimie du Canada pour l’éducation en chimie?

« Ce prix est un honneur incroyable! Il représente le soutien que m’apportent mes étudiants et étudiantes, mes collègues et mes proches, ainsi que nos échecs, nos réussites et nos nombreuses heures de discussions et de plaisir. J’associe immédiatement ce prix aux professeurs et professeures qui m’ont tant appris. »

2- Expliquez-nous en quoi consistent vos travaux de recherche dans le domaine de l’éducation en chimie.

« À une époque où l’information et la désinformation abondent, nous observons les stratégies qu’emploient les étudiants et étudiantes pour apprendre et mettre en pratique les principes fondamentaux de la chimie. Nous voulons qu’ils acquièrent les bons outils pour appliquer leurs connaissances dans d’autres domaines et ainsi continuer d’apprendre.

Nous étudions la manière dont les étudiants et étudiantes utilisent leur raisonnement scientifique, alimenté de données, de modèles mentaux et de liens établis entre la chimie et le reste du monde, pour interpréter les concepts de la chimie. Notre recherche est étroitement liée à la pratique, notre espoir étant de recueillir des éléments probants pour améliorer les cours et les programmes.

Par extension, notre recherche étudie aussi les compétences d’apprentissage de la population étudiante, toutes disciplines confondues, et les effets que peut avoir l’amélioration de ces compétences sur la capacité d’apprendre dans d’autres contextes, ainsi que sur le niveau de stress.

On apprend pendant toute notre vie, et c’est avec passion que nous voulons enseigner ces compétences d’apprentissage à toute la communauté étudiante, de façon équitable. »

3- Sur votre compte Twitter, vous dites ce qui suit : « J’essaie d’améliorer l’éducation, particulièrement en STIM […] » Pourquoi est-ce important pour vous et quels sont les principes qui vous guident?

« Nous avons tous besoin de connaissances et de compétences en STIM au quotidien. J’aime réfléchir à des stratégies qui permettraient d’améliorer l’éducation afin de mieux outiller les membres de la population étudiante et de leur donner les connaissances et les compétences nécessaires pour qu’ils deviennent autonomes et continuent d’apprendre.

Je m’efforce de rester curieuse, de toujours poser des questions et de chercher constamment à améliorer les choses ou à les faire différemment. J’aime aussi apprendre de mes collègues, de mes amis et amies, ainsi que de mes étudiants et étudiantes.

Enfin, j’essaie, par mon travail, d’améliorer l’équité, la diversité et l’inclusion dans les domaines des STIM. Nombre d’étudiants et d’étudiantes se butent à des obstacles dans leur éducation et leur avancement professionnel, des obstacles systémiques qu’il est possible d’éliminer ou de changer. En créant et utilisant des ressources éducatives libres, on peut aplanir ces obstacles et favoriser l’inclusion dans les cours. »

4- La pandémie de COVID-19 a changé les méthodes d’enseignement. Les corps professoraux et les populations étudiantes ont dû s’adapter rapidement à l’enseignement et à l’apprentissage en ligne. Le 18 mai 2020, vous avez co-publié « Enseignement à distance : un guide pratique avec des outils, techniques, et suggestions ». Pourquoi avoir décidé de rédiger ce guide?

« Jeremy Kerr et moi avons constaté que nos collègues ont dû changer rapidement et radicalement leurs méthodes d’enseignement et s’aventurer en terrain largement inconnu.

Nous avons aussi vu apparaître de gros problèmes d’équité : certains de nos étudiants et étudiantes (et de nos collègues aussi!) ont de mauvaises connexions Internet, d’autres doivent travailler pendant leurs études, habitent dans des fuseaux horaires différents, n’ont pas de réseau de soutien ou ont des problèmes de santé. Nous voulions créer une ressource simple et accessible s’appuyant sur les recherches les plus éminentes en ce qui concerne l’enseignement et l’apprentissage en ligne. Nous avons aussi co-rédigé avec deux étudiantes aux études supérieures, Meredith Allen et Alisha Szozda, un guide analogue pour les assistants et assistantes d’enseignement. Elles ont apporté au guide des connaissances essentielles, de même qu’une expérience précieuse.

Nous avons préparé des ressources pour nos propres cours, mais aussi des versions que nos collègues pouvaient adapter à leurs propres situations. »

5- Quels sont vos meilleurs conseils pour le corps enseignant et professoral?

« Pensez aux notions les plus importantes à maîtriser dans votre cours, aux méthodes permettant de transmettre ces concepts à vos étudiants et étudiantes, et à la manière dont vous et les étudiants saurez que tout est bien maîtrisé (évaluation).

Pour concevoir votre cours, combinez ces idées aux principes d’inclusion et de bienveillance. Nul besoin que tout soit parfait : la perfection n’est pas de ce monde! »

 

Pour plus d’information :
Justine Boutet
Agente des relations médias
Cellulaire : 613-762-2908
justine.boutet@uOttawa.ca

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