Le suicide : contagieux chez les ados, selon une étude

Publié le mardi 21 mai 2013

Une nouvelle étude menée par Ian Colman, professeur adjoint au Département d'épidémiologie et de médecine sociale de l'Université d'Ottawa et titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur l'épidémiologie en santé mentale, conclut que la contagion du suicide - phénomène selon lequel le suicide d'une personne accentuerait les pensées ou les comportements suicidaires de quelqu'un d'autre - existe bel et bien, surtout chez les jeunes adolescents. De plus, cette étude, publiée dans le Canadian Medical Association Journal (CMAJ·JAMC), confirme que les adolescents n'ont pas à être personnellement liés à la victime pour entretenir des pensées suicidaires ou faire une tentative de suicide.

« Lorsqu'une personne meurt, surtout si elle est jeune, son entourage parle d'elle dans les médias et les médias sociaux d'une manière élogieuse et romantique. Entendre ce genre de discours lorsqu'un enfant meurt est chose courante, mais l'effet peut être dangereux lorsqu'il s‘agit d'un suicide. On ne veut pas qu'un adolescent vulnérable pense que le suicide soit une solution attrayante ou acceptable à ses problèmes. »

En analysant des données concernant plus de 22 000 sujets âgés de 12 à 17 ans, les chercheurs ont découvert que les jeunes de 12 à 13 ans ayant déjà été exposés à un suicide étaient cinq fois plus susceptibles de songer au suicide ou d'affirmer avoir déjà fait une tentative. Étonnamment toutefois, les résultats obtenus sont presque identiques selon que le jeune connaissait personnellement ou non la victime. L'effet semblait diminuer avec l'âge : les risques de songer au suicide ou de faire une tentative étaient multipliés par trois chez les 14 à 15 ans et par deux chez les 16 à 17 ans.

Les conclusions du professeur Colman permettront aux professionnels de la santé mentale d'explorer les conséquences effectives de la prévention. « Les résultats corroborent clairement l'hypothèse selon laquelle le suicide est contagieux, en particulier chez les jeunes adolescents. Ils confirment sans aucun doute le bien-fondé des interventions en milieu scolaire, par opposition aux interventions qui ciblent uniquement les personnes à haut risque, comme les amis de la personne suicidée », de conclure le professeur Colman.

Renseignements supplémentaires : www.med.uOttawa.ca/fr

Renseignements

Kina Leclair
Agente des relations médias
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